10.12.2009

31- Sécurité ...

 

Incertain de l’issue de cette nouvelle aventure buccale, je laissais les choses se passer sans résister, et l’immense langue de Vanessa m’engloba et me suça dans tous les sens et sous toutes les coutures. Après un moment de légitime frayeur, je sentais que Vanessa ne m’avalerait pas. En tout cas pas ainsi. Je savais que si elle devait le faire un jour, elle m’en informerait auparavant, et presque, qu’elle essaierait de me convaincre que c’est une bonne idée. C’était tout elle, ça. Rationnelle jusqu’au bout.

Je l’entendis gémir de l’intérieur de sa bouche. C’était assourdissant, alors que ce devait être un petit gémissement. De celui que les femmes font souvent quand elles apprécient un mets, une saveur... J’étais ce mets, cette saveur. Ce qui suivait ou précédait habituellement ce doux gémissement, si sensuel à mes oreilles dans des circonstances normales ; c’était l’engloutissement du mets par celle qui l’apprécie tant... J’avais le net sentiment que tôt ou tard, je finirai du mauvais côté d’une bouche. Celle de Vanessa ? Peut-être. Celle d’Adèle ? Si jamais elle parvenait à m’y réintroduire, sûrement. Je repensais que si Vanessa n’était pas rentrée, je serais sûrement quelque part dans son système digestif. Je serais devenu Adèle, elle m’aurait en partie assimilé à son corps et il ne resterait sans doute plus grand chose du mien.

A ce moment-là, Vanessa me sortit de sa bouche dans un énorme bruit de succion et me regarda dans la pomme de sa main. J’avais une trique phénoménale, qu’elle remarqua aussitôt.

« - Mmm... T’as aimé, on dirait. Moi aussi, ça tombe bien ! On le refera, T’as pas eu peur, au moins ? »

Je secouais la tête en souriant pour la rassurer.

« - J’ai sommeil, on dort ? »

j’acquiesçais, encore du chef, tout m’était égal, par ailleurs.

« -Tu restes avec moi ? » Demanda t-elle, charmante. Mais en fait ce n’était pas une question. Sans me laisser le temps de répondre elle m’appliqua ses lèvres sur le corps et me fit un long baiser, puis elle me regarda en souriant et me souhaita bonne nuit. Après quoi elle me glissa dans son pyjama, à l’intérieur duquel elle était vêtue d’une propre et confortable culotte de coton, dans l’entrejambe de laquelle elle me glissa sans aucune hésitation. Je pensais pouvoir dire que c’était là ma nouvelle chambre à coucher. Je m’endormis presque instantanément, bien qu’ayant très chaud, et peu de place pour respirer. Le noir était total, bien sûr. Dans un demi-sommeil, je sentis la géante bouger et changer de position, et à plusieurs reprises sa main m’effleurer à travers ses vêtements. Sans doute craignait-elle que je périsse étouffé dans la chaleur et dans l’exiguïté de sa petite culotte. Je bougeais faiblement afin qu’elle sente que tout allait bien pour moi. C’est peut-être affreux, mais j’avais envie d’être tranquille, enfin, et en cet endroit improbable, je l’étais. Régression totale. Sous-être. Esclave de culotte. Voilà ce qu’elles avaient fait de moi. Mais dans Vanessa, je savais qu’Adèle ne viendrait pas me chercher. Je me sentais en sécurité, et c’est pour cela que je dormis si bien cette nuit là, dans les poils pubiens de Vanessa, compressés par sa culotte, elle-même protégée par un pantalon de pyjama en toile, entre deux puissantes jambes glissées sous une énorme couette. Comment ne pas se sentir en sécurité ? Que pouvait-il m’arriver ?

quand je me suis réveillé, je respirais parfaitement le peu d’air qui stagnait autour de moi, chargé des effluves nocturnes de Vanessa . Cela me surprit un peu, mais me rassura. C’était vivable, du moins la nuit. A force de bouger, je finis par réveiller ma propriétaire, et, à en juger par les émanations humides qui commencèrent à provenir de ses profondeurs, elle semblait beaucoup apprécier d’être ainsi réveillée. La confirmation ne se fit pas attendre, et de ses mains, m’indiqua le chemin. Vanessa, décidément, tenait bien plus qu’Adèle à la pénétration. Je ne l’aurais pas juré, avant... En fait, le vagin de Vanessa voulait son petit-déjeuner : moi. Bientôt, il le voudrait tous les jours.... Après avoir abouti dans son affaire, elle se leva et me sortit d’elle une fois dans la salle de bain, pour me laver soigneusement. M’embrassant, tendrement, elle me remercia et me dit :

« - Tu dois avoir faim ! » en souriant bêtement. Elle ne pouvait pas se rendre compte que je m’avalais des tonnes de liquide vaginal quand j’étais en elle. Pas bon, mais sûrement très énergétique, parce que ça coupait carrément la faim... Je ne voulais pas la décevoir en le lui disant, alors je lui dis :

« - un peu... » et nous allâmes nous restaurer. Elle, en tous cas, avait très faim, et à ce titre engloutit des tonnes et des tonnes de denrées diverses sous des hectolitres de thé au lait... c’était parfaitement écoeurant, mais le comble fut atteint quand Adèle vint se joindre à nous. Elle aussi dévora en me regardant. Détournant mon regard, autant que possible tout en la surveillant, je me sentais très mal à l’aise et j’eus vraiment un coup au coeur en la voyant arriver. Furtivement, j’aperçu son ventre qui pointait entre son short et son débardeur. Elle passait et repassait en me regardant du coin de l’oeil, un léger sourire sur les lèvres. Voyant son corps, je m’imaginais à nouveau ce qui avait failli m’arriver. Elle aussi y pensait, je le sentais, ses yeux me disaient : « Toi mon petit, à cette heure, tu aurais pu être un tout petit tas de merde, quelque part dans mon gros intestin... »

Un moment, Vanessa s’absenta, et je me retournais pour faire face, effrayé, à Adèle. Elle mangeait encore. Une banane. Elle en rompit un bout et l’approcha de moi pour le comparer. Sans rien dire, elle prit un morceau de banane comparable en taille à moi, m’y compara à nouveau, puis l’enfila dans sa bouche, en inclinant la tête en arrière, l’aspira entièrement, pour enfin, après deux ou trois déglutitions un peu difficiles, suivies d’autres plus faciles ; le faire disparaître dans son oesophage. J’ai bien vu le mouvement de sa gorge, quand elle avalait, et j’en avais la chair de poule. Une fois son morceau avalé, elle se frotta le ventre et lui dit « Bye-bye, Martin » et me regarda en riant : « Ben quoi, je m’entraîne ! » Elle a réussi à me faire rire, cette saloperie... Pourtant, je savais très bien qu’elle ne plaisantait pas . Elle rit aussi à gorge déployée, et quand Vanessa revint, elle rit aussi et nous dit :

« - Ah ! ben vous voilà réconciliés ? Tu vois, Martin ! »

je répondis :

« - On peut même dire qu’on fait plus qu’un ! »

« - plus qu’UNE ! » précisa Adèle en éclatant de rire.

Comme je voyais que Vanessa commençait à se sentir exclue de notre humour, ainsi que cela pouvait arriver avant, je dis à Adèle :

« - Explique un peu à Vanessa ce que tu viens de faire pour me faire rire comme ça .»

Son rire cessa. Le mien continuait. Pas longtemps. Elle dit à Vanessa en finissant sa banane et en me regardant :

« - Tu me le prêtes, aujourd’hui ? »

08.11.2009

30 – Garde alternée ?

 

Ce soir là, je rentrais dans une nouvelle étape de ma condition d’homme objet. Après que Vanessa m’ait avoué que ma présence dans sa culotte lui était agréable, ce qui était un euphémisme pour dire qu’en réalité, ça l’excitait au moins autant que sa chienne de colocataire ; j’y retournais promptement sur sa proposition et avec mon accord. Que faire d’autre ? Jouer le jeu éviterait peut-être qu’elle songea, comme Adèle, à me dévorer. Mais je n’y croyais pas trop : j’avais déjà été témoin (et victime) de deux évolutions inattendues et néfastes de leurs valeurs morales ; aussi, un cannibalisme latent chez Vanessa ne m’aurait pas étonné outre mesure.

Elle se donna un nouvel orgasme en se masturbant simplement avec mon corps à travers le tissu de sa culotte. C’était intense et rapide. Je n’eus qu’à attendre son climax en subissant une pression supportable mais réelle. Contrairement à Adèle, elle ne me laissa pas croupir dans la moiteur de ses jus, et m’extirpa tout dégoulinant de son sexe, pour me placer juste en dessous de son nombril, là où quelques poils commençaient à trahir la proximité du pubis. Un endroit charmant et délicat où j’appréciais de me trouver, ne serait-ce que pour pouvoir respirer à pleins poumons. J’avais un peu le mal de mer, car son ventre se soulevait et s’abaissait vite et fort, du fait de sa propre respiration, qui trahissait encore son tout récent orgasme… Nous récupérions tous deux, comme un couple après l’amour ; puis quand ce fut fini, elle m’amena à son visage, qui était rayonnant de plaisir et de bonheur. Elle me dit très sensuellement qu’elle avait adoré, et qu’elle m’aimait, qu’elle aimerait me serrer dans ses bras mais qu’il ne valait mieux pas… Ce qui la fit rire de bon cœur, et ce à quoi je ne pus résister : Je ris également, surtout de la voir dans cet état d’épanouissement dans lequel je ne l’avais jamais vue. Après tout, me disais-je intérieurement, je pouvais me satisfaire d’être à l’origine de cela. Elle le méritait. Du moins, la Vanessa que je connaissais avant d’être son gode humain le méritait. Après tout, était-elle si différente ? Sûrement pas. C’est la même personne, mais confrontée à une situation inédite. Comment aurais-je réagi si la situation avait été l’inverse ? Puis-je garantir que j’aurais été un gentil géant ? Vanessa n’était pas méchante, en tout cas. Elle s’adaptait à une situation et en tirait les avantages. Démarche on ne peut plus humaine.

Elle me prit tout entier dans sa main et me pressa légèrement contre son cœur, à travers sa poitrine chaude, en se redressant sur son lit pour s’y asseoir. Elle enleva ce qui lui restait de vêtements et très vite, se retrouva nue. Son immense nudité devant ma minuscule nudité. Un couple, vraiment étrange, mais un couple, oui : elle arrivait à m’en persuader. Elle me remit contre son cœur, qui battait moins vite et moins fort, mais qui produisait toujours ces pulsations, impressionnantes à mon échelle, qui présidaient à l’irrigation de ce corps infiniment vaste. Puis elle m’enfonça légèrement dans son sein gauche, le soupesa de sa main avec mon corps entre les deux, fit rentrer ma tête dans son téton et s’en amusa. Je la vis rire et je rit aussi. J’aimais assez ce qu’elle me faisait. Bientôt, elle me fit explorer tout son buste, y compris ses aisselles. Elle m’enferma quelques secondes dans son aisselle droite en refermant sur moi son bras. Je m’empressais de gigoter pour la chatouiller, ce qui eut pour effet de lui faire rapidement rouvrir son bras dans un rire cristallin. Je tombais d’un coup sur son oreiller d’où je rebondissais sans mal. Je glissais quelques secondes pour finir ma course contre ses reins. Elle me surplombait de toute sa hauteur et je pouvais admirer la courbe de son dos qui rejoignait son bras et son épaule, d’où je venais de m’échapper en riant. J’étais contre le haut de sa fesse droite et elle me regardait en souriant encore et en se frottant l’aisselle de son autre main.

« - Ah ? tu veux me chatouiller, alors ? Mais tu sais il n’y a pas que les aisselles qui me chatouillent… »

Je m’étais déjà retrouvé dans cette situation, il y a maintenant bien longtemps... C’était au tout début quand elle avait failli s’asseoir sur moi alors qu’elle me cherchait dans ma chambre et qu’elle ne savait pas encore ce qui m’était arrivé. Je m’étais retrouvé in extremis contre la poche arrière de son short, et j’en avais été fasciné, déjà. Aujourd’hui, elle savait que j’y étais, et elle était nue, excitée et complètement désinhibée. Qu’allait-elle faire ? Je ne me posais pas vraiment la question, ça coulait de source.

Je vis son immense cul se soulever un peu, ce qui fit descendre la chair jusqu’à présent compressée de ses fesses. Je n’en voyais pas la fin, et presque , son bel arrondi m’échappait. Elle glissa au dessus de moi, et appuyé, j’imagine, sur ses bras (que je ne voyais pas) elle frottait ses fesses sur moi. Elle me pressait légèrement, de façon à ce qu’elle me sente sous elle tout en ne m’écrasant pas. C’était effrayant, mais je l’avoue, assez érotique. J’entendais ses rires, presque enfantins. Elle était vraiment sensible et chatouilleuse. Cela promettait une exploration de son corps qui ne serait pas monotone. Je voyais, ou plutôt, je sentais évoluer l’aspect de sa peau, dont les innombrables duvets, presque invisibles pour un oeil de taille normale, se hérissaient sous l’excitation de Vanessa. Cela dura un moment, le temps de l’exploration, au cours de laquelle Vanessa venait et revenait de plus en plus fréquemment sur la zone médiane de ses fesses. Plusieurs fois, je me retrouvais coincé entre elles, alors qu’elle s’appesantissait davantage, me laissant éprouver toute sa puissance et sa maîtrise de la situation. Quand j’y étais je jouais le jeu. Je me débattais d’autant plus que je pouvais moins bouger et cela contribuait bien sûr à l’exciter davantage. Elle en était passé des petits rires aux gémissements, refermant parfois totalement ses fesses sur moi et me m’enlevant en elle, je devinais qu’elle se cambrait pour mieux me sentir. Vanessa s’était installée pour durer : à genoux sur son lit, très souplement, les pieds et les mollets de chaque côté de ses fesses, elle n’avait plus à se soutenir par la seule force de ses bras. J’étais sous des tonnes et des tonnes de féminité en rut, minuscule pour un plaisir majuscule, enfoui dans les chairs pourtant innocentes de ma nouvelle propriétaire et amante, je l’honorais de ma présence autant qu’elle m’honorait de son attention. De ses fesses, elle me dirigeait bientôt vers son sexe humide et impatient pour finir son oeuvre, profondément, intensément et fiévreusement. Elle avait repris une position allongée, puis en chien de fusil, pour jouir de moi et sur moi, en me maintenant enfoncé entre les lèvres de son sexe. Il s’en fallait de peu pour que j’y pénètre, et je crus bien que ç’allait advenir. Finalement , elle n’en eut pas le temps, si telle était son intention, préférant sans doute garder une position qui lui garantissait un orgasme puissant et rare.

Quand Vanessa eut joui, elle récupéra quelques temps son souffle et me laissa entre ses cuisses pour quelques minutes. Puis elle me prit de sa main, m’amena à son visage et me dit doucement :

«  - N’aie pas peur. »

Sans que je puisse répondre ou seulement demander pourquoi je pourrais avoir peur, je compris : elle ouvrait grand sa bouche et m’y poussait sans aucune hésitation. Je n’eus que le temps de dire, sans même le crier, justement à cause de ce qu’elle venait de me dire :

« - Vaness... Non ! Pas toi... » mais je disais ces deux derniers mots alors que j’étais déjà tout entier dans sa bouche et qu’elle s’était complètement refermée sur moi. Sa langue bougea sous mon corps et je me sentis glisser, dans la sensation d’un vide qui s’ouvrait sous moi.

25.10.2009

29- A la rescousse ?

 

« - Je suis rentrée en début d’après-midi » commença Vanessa. « Et il n’y avait personne. En ne te voyant nulle part j’étais un peu inquiète, mais comme Adèle avait mon numéro et que j’étais joignable, je me rassurai en me disant qu’elle m’aurait bien appelé s’il t’était arrivé quelque chose, et que tu devais être avec elle. »

Pour ça, j’étais plus qu’avec elle, pensais-je. Mais je me taisais en l’écoutant. Elle racontait cette histoire avec des yeux exaltés et rieurs. Une complicité nouvelle semblait s’installer entre nous. Elle continua.

«  Quand elle est rentrée, elle semblait surprise et même gênée de me trouver là. Je compris bien vite pourquoi… En fait je lui demandai directement de tes nouvelles, parce que je t’avoue qu’en la voyant sans toi, je commençai à m’inquiéter pour de bon. Mais elle l’a vu et m’a tout de suite rassurée en me disant que tu allais bien. C’est quand je lui ai demandé où tu étais qu’elle s’est assise en silence et m’a dit : « assieds-toi, c’est une longue histoire ». Un peu surprise, je fis comme elle, mais elle se releva comme si elle pensait tout d’un coup à quelque chose, et après être allé dans sa chambre un instant, elle commença à me raconter vos derniers jours, comment tu l’avais convaincue de… enfin de te… de te laisser faire, quoi ! Et puis comment elle y avait elle-même pris goût, et tous vos jeux ... pervers de ces derniers jours. Elle m’a dit aussi qu’elle était gênée par rapport à moi mais qu’elle n’avait trouvé que cette solution pour te redonner un peu le moral après mon départ… »

Il y eut un moment de silence pendant lequel je ne parvins pas à émettre un son. Puis elle reprit :

« Au fait, je voudrais m’excuser d’avoir été dure comme ça avec toi, mais en fait je crois que je n’étais pas prête à ce genre de relations. Enfin avoues que c’est un peu bizarre, non ? »

Je hochais la tête. Et ça continuait :

« Et puis je crois qu’en fait j’ai aimé cette idée dès le début mais que ma conscience ou ma morale- comme tu veux- la rejetaient. Mais c’est logique, Adèle aussi, tu sais, même elle ! Elle a eu des scrupules ! Mais bon, on la connait, hein ? Elle n’a jamais reculé devant des expériences un peu extrêmes… » Et elle rit de bon cœur en me prenant sans prévenir dans sa main. Elle me pressa contre ses lèvres pour m’embrasser vigoureusement, puis, après ce moment d’authentique tendresse, constata : « mmm… tu sens le sexe… » Avec un regard lubrique que je lui découvrais. Je devais bien constater que je n’avais jamais mis les filles dans un tel état quand j’avais le bonheur d’avoir encore ma taille normale. Quelle ironie. Tout cela avait-il un sens ?

« Quand elle me racontait tout cela »

reprit Vanessa ;

« Je dois dire que j’étais un peu jalouse, sans vouloir vraiment me l’avouer. Je revenais avec l’idée de discuter de tout ça avec toi et j’étais décidée à te laisser agir, au moins pour essayer, quoi… Et puis voir ce qui se passait. Alors quand j’ai su que tu avais essayé avec elle en profitant d’un soir où elle était saoule et qu’elle t’avait laissé faire, puis qu’en fait elle avait pris son pied… J’étais folle, intérieurement j’enrageais... Et c’est là qu’elle m’annonce que tu lui avais avoué qu’en fait, c’était avec moi que t’avais envie de faire ça… soi-disant parce que tu serais amoureux de moi… J’étais contente, mais... bon, un peu dégouttée, quoi, d’avoir loupé l’occasion avec toi. Et là elle m’avoue enfin où tu avais passé la journée ! J’y croyais pas, je la maudissais et en même temps je l’enviais… Je lui aurais jamais demandé mais là, elle me l’a proposé elle-même ; elle m’a dit : « Tu le veux ? »

J’ai hésité, bien sûr. Tu penses bien. Mais je me sentais excitée de tout ce qu’elle venait de me raconter et je t’avoues que c’est grisant de savoir qu’on est adorée comme une Déesse. Adèle avait des scrupules parce qu’elle savait bien que c’était pas avec elle que tu avais envie d’être. Et c’est comme ça qu’elle a fini de me convaincre. C’est parce que je savais que c’était ce que tu voulais que je l’ai fait, mais maintenant, c’est aussi ce dont j’ai le plus envie... »

Elle s’allongea sur son lit en riant d’un rire franc et détendu ; épanouie, je ne l’avais jamais vue comme cela... Elle me tenait toujours délicatement dans sa main, et m’amenant au dessus de son visage, elle me dit : «  si je m’écoutais je t’y remettrais tout de suite pour qu’on revive ça toute la nuit !  Mais en même temps, j’ai tellement envie de discuter avec toi : tu ne dis pas grand chose, au fait, raconte moi, aussi, ça fait quoi d’être... comme ça , enfin tu vois, de , de... »

Elle était encore gênée de prononcer certains mots. En effet, cette situation ne correspondait à aucun schéma moral de relations humaines connu. En tout cas, pas connu d’elle. Aussi, les mots ne pouvaient que lui manquer. Un être sans morale, comme Adèle, n’avait pas ce genre d’embarras... Vanessa ne se rendait pourtant pas compte que ce qui l’empêchait de s’exprimer normalement sur cette situation, c’était le fait qu’insensiblement, elle ne puisse parler de moi que comme on parle d’un objet. Je n’étais plus dans la catégorie des êtres humains, en tant que concept, et de ce fait, elle ne se rendait pas compte que sa jouissance ne provenait que du total contrôle qu’elle avait de moi, alors que contrairement à un gode « classique », j’étais un être vivant, doué de conscience, et en plus : connu d’elle et qu’elle connaissait. Comme avec Adèle, le changement de mode de relation induisait un plaisir pervers comparable à celui de l’enfant torturant un insecte. Etant adulte et femelle, la torture devenait sexuée... Je me demandais si, décidément, tous les humains que j’allais dorénavant rencontrer me considèreraient de la sorte. Et la réponse ne me plaisait pas. Si même Vanessa, la fille la plus droite et intègre que je connaissais, pouvait agir ainsi, inutile de se demander ce que pourraient faire les 99% de l’humanité restante que je considérais comme moins bonne que cette brave et bonne Vanessa. Brave et conne, aussi... Elle me dégoûtait un peu, maintenant, mais au moins elle était de bonne foi. Sans doute, dans quelques temps, elle aurait elle aussi envie de m’avaler, mais je pariais qu’elle, au moins, ne souhaiterait pas me digérer. Contrairement à Adèle. Je restais persuadé qu’il me fallait dorénavant l’éviter à tout prix. Ma seule protection était Vanessa, mais il y avait un prix à payer. Il fallait gagner du temps, essayer de comprendre pourquoi tout ceci m’arrivait. Vanessa. Il n’y avait que Vanessa. Alors j’ai joué le jeu.

« - c’est très bizarre, et très excitant... Un peu effrayant, aussi... » Lui répondis-je enfin.

« Vanessa, continuais-je, je reste convaincu que consciemment ou pas, Adèle est dangereuse pour moi. Je te supplie de me protéger d’elle... »

Elle changea un peu d’expression, et dit, perspicace : « Mais dis-moi, tu n’as pas peur, avec moi ? » Elle espérait bien évidemment que ce ne soit pas le cas. Je lui répondis ce qu’elle pouvait entendre. Elle ne pouvait pas entendre que ce qu’elle venait de prendre tant de plaisir à faire était un acte de barbarie dont elle ne se soupçonnerait jamais capable.

« - C’est moins effrayant, lui dis-je, parce que je sais que je peux avoir totalement confiance en toi. Je sais que tu ne me ferais pas de mal. Mais Adèle, je t’assures que si elle peut, elle m’avalera tout vivant ; elle ne pensait qu’à ça dernièrement ! Elle voulait le faire avant que tu reviennes et te faire croire que j’avais disparu ou je ne sais quoi ! » m’énervais-je. Vanessa semblait sceptique mais quand même prête à me faire confiance.

« Tu sais, dit-elle finalement, je ne pourrai pas toujours être là, avec toi, alors c’est inquiétant, ce que tu me dis »

« - C’est moi, moi, qui dois rester en permanence avec toi » Lui suggérai-je : elle me regarda profondément, l’air rêveur... l’idée semblait lui plaire. « Jusqu’à ce que je reprenne ma taille normale » ajoutais-je.

« - Oui ! dit-elle vivement en sortant brusquement de sa rêverie. Il faut trouver un moyen pour que tu retrouves ta taille ! »  Ajouta t-elle avec un enthousiasme un peu artificiel. Pourtant, ça faisait du bien d’entendre ça : il y avait un moment que je n’avais pas eu une conversation sur mon avenir en tant qu’être humain à part entière. Peut-être avais-je réussi à reprendre l’avantage dans l’esprit de Vanessa, malgré les mensonges d’Adèle ? La suite me l’apprendrait, mais je devais maintenant organiser ma vie avec Vanessa, si possible mieux qu’avec Adèle. J’étais pour l’instant en sécurité avec Vanessa, mais j’avais déjà éprouvé le fait de me retrouver coincé sous elle, aussi je devais faire attention à ce que cela ne se reproduise pas, tout en restant suffisamment proche d’elle pour me protéger de mon principal prédateur.

« - Comment veux-tu faire ?» Demanda t-elle. Je ne savais comment répondre. Je décidais d’opter pour la franchise.

« - Quand Adèle n’est pas là, tu n’as pas à t’occuper de moi, mais quand elle sera là, tu devras me garder avec toi. » Commençais-je.

« - Où ça, dans ma poche ? » M’interrompit-elle.

« - Pas nécessairement, répondis-je, juste m’emmener avec toi quand tu changes d’endroit et surtout, me mettre en lieu sûr quand tu dors. Un truc solide qui ferme à clef et où je peux respirer, tu vois ? »

« -Ok. Et quand je pars ? » Demanda t-elle.

« - Je pars avec toi... C’est là que ça se corse : il ne faut pas que tu me perdes, ou qu’on prenne le risque que quelqu’un me trouve... » Elle acquiesça. Je continuais :

« - Là, si tu as une poche dans laquelle je ne peux pas être écrasé, ça conviendra, sinon... »

« - Adèle me disait que dans sa culotte tu ne craignais rien... » rappela t-elle délicatement. Après un silence et un regard noir de ma part qui n’eut aucun effet sur elle :

« - En effet, hormis la chaleur, l’odeur et l’humiliation, j’en suis ressorti vivant. » Je recommençais à être cassant avec une géante à la susceptibilité notoire. Je devais faire attention à ne pas retomber en disgrâce à vouloir être trop malin. Je me rattrapais :

« - Mais avec toi, c’est différent. Je pensais que tu ne voudrais pas... »

« - Si si, ça me dérange pas... si c’est plus sûr pour toi... Et puis ça me ne déplaît pas finalement ! » renchérit-elle, presque pas gênée.

C’est bon de savoir à quoi s’en tenir. Je n’avais sûrement pas fini d’être étonné...