25.05.2008

5- Un moment

 

  Si elle se reculait davantage sur le lit, j’étais mort. C’est pourquoi, malgré l’occasion que j’avais de la toucher pour tenter d’attirer son attention, je préférais m’écarter de ces lieux au plus vite. Je devais être vu, et si possible d’assez loin, afin de pouvoir prévenir toute réaction de sa part qui m’aurait mis en danger. Je ne devais pas non plus me trouver trop loin, car il fallait impérativement qu’elle me reconnaisse. En réfléchissant à toutes ces données contradictoires je m’éloignais en courant vers le milieu du lit.

  J’étais un peu gêné dans ma progression par les plis anarchiques que formaient les draps et les couettes, aussi, quand j’étais contraint de ralentir, je me retournais presque malgré moi pour voir ce qu’elle faisait. Elle semblait réfléchir et en même temps, chercher dans la chambre des réponses à ses interrogations. J’étais à une distance raisonnable quand elle fit mine de s’allonger sur mon lit. En fait, elle s’appuya sur son coude et regardait vers moi. Elle s’était beaucoup rapprochée, de par ce déplacement. La fixant, je criais pour qu’elle m’entende, mais déjà, elle regardait ailleurs, plus haut vers les oreillers, elle avait vu mon tee-shirt, resté dans le lit, vestige et témoin de mon ancienne taille. En allongeant le bras, elle put s’en saisir, ce qui eut pour effet de me faire tomber, puisque sous les draps, une partie de mon vêtement se trouvait encore coincé. Déstabilisé, j’étais nez contre terre, et je sentais le lit bouger de façon inquiétante.

  En me redressant, je vis que Vanessa était maintenant sur les genoux, une main appuyée sur le lit, l’autre finissant d’attirer le tee-shirt vers elle. Je décidais d’aller vers elle, profitant de ce qu’elle était tournée vers le lit, et en position de voir ce qui pouvait éventuellement s’y passer. Quand elle se fut redressée avec le vêtement, je m’arrêtais pour l’apercevoir le sentir. Elle sentait mon tee-shirt à plein nez, et semblait même s’en caresser les joues. Immobilisé, j’étais un peu gêné, hésitant pour le coup à faire connaître ma présence. Elle se croyait seule, et n’aurait jamais fait ce qu’elle faisait devant une autre personne, et certainement pas devant moi… Mais je n’avais encore rien vu.

  Les éléments déchaînés de mon nouvel environnement allaient encore décider pour moi. Je sentais qu’il allait me  falloir devenir réactif, et adaptable, tel une micro-entreprise entourée exclusivement de multi-nationales, et il en allait de ma survie. Vanessa s’était maintenant toute entière allongée sur mon lit, et s’apprêtait à se glisser sous les draps. J’en restais stupide et médusé. Vite ! … Trop tard ! elle m’avait, en soulevant les draps, encore culbuté, et je n’eus que le temps de voir ces mêmes draps qui venaient une fois de plus de se dérober brutalement sous mes pieds me recouvrir lentement. Mais ils ne retombèrent pas sur moi. En effet, je n’étais plus seul sous les draps. Vanessa était maintenant en train de s’installer, tenant toujours mon tee-shirt, et découvrant mon caleçon. Elle le prit également, et sembla aussitôt le préférer, après une courte hésitation, à sa première trouvaille. Je ne croyais pas ce que je voyais. Je m’étais insensiblement rapproché d’elle, et me trouvais à peu près au niveau de son buste. Son corps gigantesque était tourné vers moi, couché sur le côté gauche ; elle bougeait très lentement, dans un mouvement de recroquevillement qui ressemble aux positions que l’on prend pour s’endormir. Je n’avançais que prudemment, une fois que ses genoux semblaient s’être arrêtés de remonter vers son ventre. Sa main droite était posée sur son ventre, justement, et ne semblait pas du tout vouloir dormir. Quand à la gauche, elle tenait mon caleçon contre le visage de sa nouvelle utilisatrice. 

  Malgré mon incrédulité, je ne fus pas vraiment surpris, à ce stade, de voir sa main droite se diriger vers le bas de son ventre et le caresser. J’étais littéralement fasciné. J’avais la bouche sèche, j’avais du la laisser trop longtemps ouverte… D’abord sur son short, comme un test, ma colocataire géante venait de plonger sa non-moins géante main dans les profondeurs insondables de son intimité. J’ai eu du mal à avaler ma salive, et j’en avais fort peu. Je crois, non ; je suis sûr que mon sexe était déjà en érection depuis un moment quand je pris conscience de sa dureté et de sa grosseur (toute relative, vu ma situation, j’en conviens).

Il ballotait maintenant dans le vide, pointant vaguement vers ce que je devais bien reconnaître comme étant l’origine de mon excitation : la géante Vanessa, Vanessa-la-coincée, disais-je plus haut, en train de s’exciter elle-même de mes odeurs intimes dans mon propre lit… Même minuscule, la vie ne manquait pas d’attraits et de surprises. Maintenant, je me posais une question : était-ce bien le moment opportun pour faire connaître mon infime (et peut-être infâme) présence à Vanessa ?

 

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