28.02.2009

17- Intrusion

 

 

 

                       Je me réveille en sursaut. Je viens de rêver qu’Adèle rentre, se met au lit sur moi et que le cauchemar recommence. Je suis réveillé par la vraisemblance du rêve : je suis dans sa chambre et elle va rentrer, fatigueé, voire bourrée, je suis sûr d’y rester. Bonne intuition, mêlée à la conscience du bruit environnant : Adèle vient d’entrer dans sa chambre. Il fait jour. Elle me voit. Elle n’a pas l’air bourrée, juste un peu fatiguée, et encore. Elle me dit doucement :

« - Qu’est-ce qui s’est passé ? Vaness’ est dans tous ses états… »

« - Elle a failli me tuer, j’ai passé la nuit coincé sous elle. Putain, et toi, t’étais où ? » partis-je un peu vite.

« - eh ! ho ! ça va hein, elle vient de me dire  qu’elle t’avait trouvé dans son bas de pyjama… » M’accuse-t-elle en jetant sa veste sur sa chaise de bureau.

« - Dans sa culotte, plus exactement ! » Hurlais-je d’un coup

« - J’ai été OBLIGE d’aller lui tirer les poils sinon elle ronflerait encore  sur mon cadavre, cette grosse… cette… » Je ne trouvais plus mes mots.

« - Et elle me traite de porc ! » je commençais à me calmer un peu :

« - on s’est endormis devant la télé…»  lui dis-je en la montrant, «… dans la nuit elle s’est retourné et je me suis retrouvé sous elle. J’ai failli y rester, je te jure ! je savais pas si je pourrais survivre longtemps, et j’avais pas l’esprit tourné sur ce qu’elle croit, cette pauvre CONNE ! »

Je surjouais un peu mais je pensais ce que je disais. Adèle, mi-amusée, mi-gênée, avait envie de rire. Je riais, ce qui la fit rire immédiatement. La porte d’entrée claqua, c’était Vanessa qui était partie, probablement.

 

                        Je secouais la tête, Adèle me dit :

« - je lui expliquerai, ne t’inquiète pas. »

« - je lui expliquerai bien moi-même, quand même ! » répondis-je

« -je pense pas qu’elle ait envie de te parler ou même de t’approcher. Elle est vraiment choquée, tu la connais, elle a des réactions excessives. » expliqua-t-elle.

« - A ce point ? Mais merde, c’est à croire qu’elle est allée porter plainte pour viol ! il va falloir qu’ils me trouvent des menottes à ma taille… »

Adèle était pliée en quatre, prise d’un fou rire.

« -j’imagine la scène ! » dit-elle entre deux crises. Elle s’était assise par terre, et finissait de rire.

«-aaah ! ce que tu peux être con, quand tu t’y mets ! » Je riais aussi sans retenue, content qu’Adèle m’ait compris. Et je posais la question de trop. Innocemment.

« - Toi, à sa place, franchement, tu l’aurais pris comme ça ? » … Un silence gêné, je m’aperçus un peu tard à quel point la question pouvait être gênante, pour nous deux, d’ailleurs. Mais c’était trop tard, même si Adèle se rendait compte de ma gêne, elle allait me répondre, rien que pour m’enfoncer un peu, genre Adèle.

 

                       « On peut pas savoir ce qu’on ferait à la place de quelqu’un d’autre dans une situation qu’on n’a pas vécu… » Commença t-elle très sagement tandis qu’un léger sourire se dessinait lentement sur ses lèvres. « Mais les hommes qui parviennent à rentrer dans ma culotte n’en ressortent pas facilement, tu sais bien… »

je me sentais très mal à aise et j’avais l’impression de rougir comme jamais. Je ne pus répondre. Elle me regardait toujours, l’air amusé et presque triomphante. Elle me donnait l’impression de savourer sa supériorité tout en étant consciente que je ne pouvais pas ne pas avoir conscience, moi, de mon infériorité manifeste. Nous nous regardions l’un l’autre fixement, en pensant de façon évidente à la même chose, mais pas du même point de vue : l’un (moi) se voyait dans la culotte de l’autre, et l’autre (elle)  voyait l’un dans sa culotte. Ce n’était pas une relation d’égal à égal. Ce ne l’était plus, entre elle et moi. Et j’ai senti dans son regard, dans son attitude, que cela ne lui déplaisait pas. En posant cette question idiote, je lui ai clairement suggéré une situation qui n’est pas à mon avantage et que je n’aurais aucun moyen d’éviter si elle décidait de l’initier.  Je n’étais pas certain, d’ailleurs, qu’elle n’y ait jamais pensé auparavant.

 

                       Après cet échange intense de regards lourds, je sortis de ma torpeur en sentant sa main autour de mon corps. Elle venait de me saisir et elle me soulevait maintenant vers elle. Elle m’approchait de son visage, les yeux toujours fixés sur moi. J’avais la bouche sèche, je me sentais comme paralysé par l’effroi et la fascination. Je réussis finalement à dire, à crier :

« - Adèle !… » 

Elle souriait en se mordillant la lèvre inférieure quand soudain, la sonnette de la porte retentit. Elle eut comme un réflexe de m’éloigner d’elle, comme si  ce qui se préparait ne devait pas être connu d’autres que nous. Levée au deuxième coup de sonnette, elle me reposa sur son lit et dit sur un ton de regret :

« - Vanessa a du oublier ses clés, je vais lui ouvrir » .Elle me jeta un dernier regard qui voulait bien signifier que je ne perdais rien pour attendre. J’étais effaré, mais uniquement parce que je ne savais pas que cela ne ferait qu’empirer.

 

J’entendis la porte d’entrée s’ouvrir  et Adèle dire :

« - allez, rentre… » puis après un silence : « ah… c’est toi ? »

Une voix familière de s’exclamer, proche des larmes :

« - quinze messages ! je lui ai laissé quinze message et il ne me rappelle plus ! je me doute bien de ce que ça veut dire mais je le croyais plus courageux que ça, ce salaud ! »

 

Il ne manquait plus qu’elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Salut j'adore ton histoire elle est trop forte, chez pas si tu me reconnait mais j'était sur le forum Giantess, je te laisse mon msn pour si tu veut parler de Giantess ou autre ^^

Bis

Ecrit par : Kirika | 15.03.2009

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