07.07.2009

23 - Le jouet

Je me réveillais dans un espace clos avec des murs ajourés. Derrière ces murs, la chambre d’Adèle. Je savais très bien où j’étais. J’étais dans une sorte de boîte en osier que j’avais vu tant de fois dans sa chambre. Comment aurais-je pu croire que cette insignifiante boite en osier deviendrait un jour ma prison ? Je croyais voir Adèle étendue sur son lit, semblant faire une sieste. Bien sûr, j’essayais de sortir, et bien sûr, je n’y arrivais pas. J’appelle, je secoue, rien n’y fait ; je n’ai qu’à attendre que l’on vienne me délivrer.

                       Pendant ce temps, Adèle somnolait doucement, cuvant encore de la veille. Tout à l’heure, alors que son téléphone sonnait et que Martin s’était mis à hurler, elle avait été obligée de le faire taire un peu brutalement. Elle a bien cru qu’elle l’avait tué, broyé entre ses doigts. Elle en était malade, mais quand elle s’aperçut qu’il respirait encore, elle se rendit compte qu’elle était non pas soulagée de ne pas l’avoir tué, mais elle était soulagée du fait qu’elle ait encore son jouet. Elle ne l’a pas formulé comme cela, mais outre le fait de ne pas savoir quoi faire du corps, même à cette taille, elle avait tellement apprécié les exploits de Martin vivant, que c’était rageant de devoir accepter qu’il soit mort alors qu’il était « enfin à elle »… Ces pensées la déculpabilisèrent complètement, si bien qu’elle s’endormit sur les projets de jeux avec Martin qui n’étaient pas sans l’exciter au plus haut point. Du reste, elle était presque décidée à le « garder » pour elle, même si Vanessa revenait ces jours-ci. Elle craignait un peu les réactions de celle ci, mais, Martin n’étant plus du tout en odeur de sainteté auprès d’elle, Adèle se disait qu’il y aurait toujours moyen de présenter les choses sous un jour avantageux pour elle. Elle avait donc pris sa décision et restait bien décidée à profiter de ce que lui offrait le destin. Alors qu’Adèle grognait dans son demi-sommeil, Martin pensait également et tentait de mettre au point une stratégie. C’était difficile et pourtant très simple. Il était à sa merci. En la contentant, il pourrait probablement obtenir d’elle quelques concessions qu’elle n’était pour l’instant pas décidée à céder. Il n’en avait pas envie, et pourtant, il ne pouvait ignorer ses propres réactions physiques : à plusieurs reprises il a été très excité pendant qu’Adèle l’utilisait pour son propre plaisir. Donc, ce que lui faisait Adèle lui plaisait assez, malgré la perte de contrôle que cela impliquait. Il n’aimait pas l’idée d’être inférieur et soumis, mais l’érotisme de l’amour avec Adèle, géante ou non, lui plaisait, même s’il y avait un côté écœurant dans l’énormité de ses formes et de ses sécrétions… La conclusion de tout cela, c’est qu’il devait lui obéir, au moins un temps, et même tenter de profiter des aspects agréables de sa condition, si peu qu’ils existaient. Après quoi, Vanessa reviendrait et il faudrait probablement qu’il se résolve à se faire examiner par le corps médical. C’est dans ces dispositions que les deux colocataires se trouvèrent.

                      

                       « Après tout, c’est une amie, je peux bien la laisser en profiter un peu… Et une fois que j’aurais atterri dans un labo, ça risque d’être beaucoup moins bandant… » Me disais-je, tout surpris par tant de bon sens et de raison… J’avais décidé de me livrer. Ça tombait bien, Adèle émergeait de sa pseudo-sieste et regardait par ici. J’étais à sa merci et elle le savait : autant jouer son jeu puisque je ne peux plus jouer le mien. C’est la seule chance que j’ai de pouvoir obtenir des ménagements.

« - Salut » disais-je simplement  alors qu’elle me regardait maintenant du dessus de sa boite en osier ouverte. Son visage bouchait tout l’horizon, au sens propre comme sens symbolique. Je ne pouvais l’éviter ni lui échapper.

« - Salut petit Martin » répondit-elle doucement. « ça va ? » ajoutât-elle sincèrement.

« -Ca va… écoutes, il faut que je te dise… » commençais-je

« - oui ? » répondit-elle comme si elle attendait que j’entame la conversation.

« - Eh bien… (j’avalais ma salive) je voulais te dire que j’étais… désolé. (je pris ma respiration et la regardais dans les yeux). J’étais en colère contre toi, tu m’avais abandonné, puis tu m’as forcé à faire tout ça… Mais je veux qu’on reste dans de bonnes relations, comme avant, ok ? » …Je n’étais pas sûr que ça suffirait… Sa réponse :

« - Mmmm… mais, on n’est plus comme avant, petit Martin… » me répondit-elle en me sortant de ma boîte. « maintenant tu es dépendant de ma bonne volonté, tu profite de moi. Si je m’occupe plus de toi, qui le fera ? Tu ne peux pas partir d’ici, et ici tu finirais tué par une araignée ou par un rat… Tu refuses mon aide en me rejetant ! Tout ça parce que je t’ai un peu taquiné. T’as pas détesté, d’ailleurs, à ce que j’ai vu. »

 

J’écoutais dans sa main alors qu’elle s’était assise sur son lit. Que pouvais faire ?

«  - Oui, c’est vrai, mais j’aime pas qu’on me force. J’ai bien envie de te faire plaisir mais comprends qu’à ma taille j’ai en permanence peur pour ma vie ! T’es la seule personne, t’es une amie, que j’aime mais sans te rendre compte tu peux me tuer ! »

« - c’est vrai, bon, j’étais bourrée, j’ai un peu abusé, mais t’es pas cool aussi. Mais c’est vrai que je me rends pas compte de ce que ça fait d’être aussi petit. Combien tu mesures au fait ? » C’était bien mon Adèle, ça, à poser des questions idiotes au milieu d’une conversation ultra sérieuse…

« - comment veux tu que je le sache ? » répondis-je en levant les bras au ciel. Et sa bouche s’étira en un sourire amusé :

« - Attends ! » dit-elle en m’emportant sur son bureau et en commençant à le fouiller. « Je crois bien que j’ai un centimètre de couturière quelque part, par là…  Oui ! Regardons… »

Et elle m’allongea à plat sur son bureau, le mètre à côté, sa main me recouvrant entièrement…

« - ah, quand même ! » dit-elle : « huit-et-demi. Tu mesures huit centimètres et cinquante millimètre. » Dit-elle le plus naturellement du monde. J’avais pourtant l’impression de peser une tonne.

« - Et de largeur ?  bof… pas plus d’un centimètre quarante. T’es plus petit que ma clé USB, mais t’es plus souple… c’est pour ça que j’ai failli t’avaler… hé hé hé ! »

Je me forçais à rire avec elle en accord avec mes nouvelles résolutions ; mais le cœur n’y était pas. Je venais d’apprendre très précisément la rigueur de ma condition. Cela me confirmait que je n’étais désormais plus adapté à mon environnement et qu’il me fallait dès lors une puissante protection : Adèle. J’en paierai le prix s’il le fallait. Je regrettais Vanessa qui n’aurait jamais osé un tel chantage, mais je n’avais pas d’autre choix. J’aurais aussi pu tomber sur tellement pire…

 

« - Alors « Huit-cinquante » tu vas être gentil maintenant ? » me demanda-t-elle finalement d’un air de défi.

« - Oui. Je serais plus cool »

« - tu veux bien sortir avec moi, alors ? » dit-elle alors que son sourire s’élargit et qu’elle peine à ne pas rire

« - Bien sûr … c’est… c’est même un … honneur » tentais-je maladroitement.

Et elle eclata de rire en me disant :

« - Allez viens, on va se faire à manger, j’ai une de ces faims… Je te promets : je vais essayer de pas te bouffer sans faire gaffe… t’es mon nouveau petit ami, maintenant. Le plus petit ami du monde ! ! ! » Et elle riait de plus belle en m’emmenant vers la cuisine. Je riais timidement avec elle. Que faire d’autre ?

Commentaires

C'est une histoire bien construite, bien écrite et passionnante ( comme celle de la pluie d'ailleurs ). Continuez et régalez nous encore de ces giantess. Je suis un amateur, mais je ne trouve pas beaucoup de ces histoires en Français malheureusement.

Ecrit par : VOSGIEN | 14.07.2009

Merci Vosgien, pour votre commentaire et vos encouragements. En effet, peu d'histoire de ce genre en français... C'est bien pour cela que je me suis mis à en écrire ! Je ne désespère pas que d'autres le fassent aussi.

Ecrit par : huitcinquante | 16.07.2009

Excellente histoire que j'ai lu d'une seule traite , tu as de la plume , je te remercie pour cette fiction superbement bien écrite. J'ai hâte de lire la suite :)

Ecrit par : melbaz | 22.07.2009

Bienvenue à toi et merci pour ces commentaires enthousiastes. Cela donne bien sûr envie de continuer quand on sait que des gens apprécient et le manifestent.

à très bientôt ici même

Ecrit par : huitcinquante | 22.07.2009

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