09.05.2009
20- Jeux
Dans un énorme bruit de succion, je me retrouve à la lumière. Je réalise que je suis dans sa main. Tout tourne autour de moi et j’ai la nausée, pourtant je me sens comme engourdi. Je crois que j’avais presque accepté le destin funeste que je croyais qu’Adèle allait me faire subir. Elle ne m’a pas dévoré, et elle est là, au dessus de moi, et en dessous aussi, elle rit, d’un rire inextinguible, en me fixant de ses yeux mi-excités mi-avinés… Sa salive recouvre encore mon corps et je commence à avoir froid, sans mon pantalon. D’une voix toujours plus pâteuse, elle finit par dire :
« - je t’ai sauvé la vie, espèce d’ivrogne ! Quelle idée de plonger dans ce verre de bière ? » Rit-elle encore.
« - T’es complètement tarée, c’est toi qui m’y as plongé, et après t’essaye de m’avaler, salope ! » m’emportais-je sans bien penser aux conséquences.
« - Ohohohooo ! Doucement, minus ! T’as qu’à pas faire la taille d’un bretzel si tu veux pas finir comme un bretzel… ahhahaha… ! »
Et elle riait encore à gorge déployée, au dessus de moi, soufflant toujours son haleine sur tout mon corps, vacillante, un œil à moitié fermé.
« - T’es qu’une salope, comment tu peux me faire ça ? » Je devenais monomaniaque. Saoul moi aussi, je ne contrôlais même plus mon esprit. Elle souriait toujours en me regardant intensément, l’air triomphant. Elle savait exactement qu’elle me dominait sans que je ne puisse rien y faire.
« - Et puis il me semble que t’as pas détesté, hein ? » dit-elle en sortant sa langue et en la pointant vers mon sexe encore dressé. Que dire ? J’étais aussi trahit par mon corps. Avec le recul, c’est vrai que si l’on enlève la peur, la sensation d’être dans sa bouche était plutôt excitante. Etrangement excitante…
« - Aaaah, je vois » continue-t-elle : « t’as pas eu le temps d’en profiter ! Attends, on va réessayer, c’est drôle … »
« - Nooon !»
Je n’avais pas fini de le dire que j’étais à nouveau dans sa bouche, mais pas tout entier, cette fois. Mes bras, mes épaules et ma tête dépassaient de ses lèvres, qui étaient mon seul horizon, avec ses narines qui me surplombaient, qui semblaient me regarder, et dont je pouvais détailler l’intérieur peu engageant… Cependant, à l’intérieur, le reste de mon corps commençait à être malaxé sans que je puisse contrôler quoique ce soit. Sa langue fouraillait les moindres recoins de mon corps, alors que de temps en temps, selon les différentes actions de ses muscles labiaux, je m’enfonçais entre ses lèvres, ou tout entier dans sa bouche. Puis elle commença à sucer tout mon corps comme le tuyau trop étroit d’un énorme aspirateur dans lequel le bas de mon corps aurait été happé. J’ai cru, une ou deux fois, mon heure venue, quand, disparaissant d’un coup dans sa bouche, ma tête heurta ses incisives. Je me disais que ma tête allait sauter, ou qu’elle allait me briser le cou, ou encore qu’à un moment, elle m’aspirerait tellement fort qu’elle m’avalerait involontairement par pur reflex. Au lieu de ça elle arriva à contrôler ce qu’elle voulait faire, en m’assurant avec ses doigts. Elle me tenait entre ses doigts et ses lèvres comme un fruit dont on essaie d’extraire le jus. C’était précisément ce qu’elle avait entrepris de faire. Très adroitement, elle vrillait sa langue et enrobait mon sexe (qui ne demandait que cela) jusqu’à ce que je cesse de me débattre et de résister. S’il faut mourir, après tout…Elle semblait prendre plaisir, car elle gémissait et grognait fréquemment, alors que je sentais que sa respiration s’était accélérée. Je crus même voir, quand ma tête émergeait et quand elle était tournée vers le bas, que son autre main lui caressait le corps. Toute cette effusion de sensualité, mêlée à un risque réel mais fascinant finit par m’exciter au dernier degré, si bien qu’elle finit par me faire jouir dans le rouleau de sa langue, dont elle avait réussi contre toute attente à me ceindre le sexe… Me sentant ramollir et peut-être, sentant la goutte insignifiante de mon désir lui couler au creux de la langue, elle me libera de ses doigts en basculant la tête pour avaler la preuve de son forfait. Evidemment, je me dis que je pouvais faire partie des preuves, et que peut-être, j’allais suivre le triste sort de mon sperme. C’est sans doute ce qu’elle a voulu me faire croire en me suçant encore tout entier dans sa bouche que je commençais à connaître par cœur. Au gré de la lumière qui rentrait, j’aurais pu dire le moindre défaut de ses dents, y compris ses dents de sagesse… Elle s’amusa encore quelques temps à me faire peur, puis me laissa, la bouche ouverte, séjourner en elle. Dès que je voulais bouger, elle serrait, jusqu’à ce que je ne bouge plus du tout, comprenant qu’elle voulait une soumission totale. Elle restait ainsi, la bouche mi-ouverte, m’ayant dompté. Son rire secouait régulièrement le fond de sa gorge et je voyais de l’intérieur la forme de ses lèvres s’étirer simultanément de chaque côté et vers le haut pour former ce beau sourire que je devinais si ironique. Elle profitait pleinement de la situation, mais je n’avais encore rien vu. Cela faisait un moment qu’elle bougeait et que je voyais le paysage évoluer au-delà de ses dents et de ses lèvres. Dans un dernier rire, elle me sortit sans ménagements avec ses doigts, trempés eux-aussi de salive… Me tenant au dessous des épaules, elle me regarda d’un air toujours plus triomphant, but une gorgée de bière, me fixait encore sans me parler, me laissant pendre pitoyablement entre ses doigts… Elle finit par parler :
« - Alors ? C’était bon, hein ? » Demanda-t-elle sans même envisager que je puisse répondre par la négative. Je ne savais quoi répondre : dire oui aurait été l’encourager à renouveler une expérience périlleuse pour moi ; dire non aurait été risqué, étant donné sa susceptibilité naturelle et son état d’ébriété. Ne pas répondre était également peu amical… Je fis donc :
« - Eeeuhmmmm ! » de l’air de quelqu’un qui reprend son souffle. Mais ma réponse ne l’intéressait finalement qu’assez peu. Seule son idée comptait.
« - Moi c’était bien, comme expérience, mais ça m’a juste excitée… Il va falloir que tu me rendes la pareille… »
Je me rendis compte que nous étions dans sa chambre et qu’elle s’était couchée sur son lit, en tenue de nuit. Je ne voyais pas le bas de son corps qui était sous la couette… Sans attendre le moindre signe de consentement de ma part, et en me regardant de l’air le plus lascif que j’ai jamais vu, je me sentis emporté vers son bas-ventre, alors que la couette se soulevait légèrement.
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