08.11.2009

30 – Garde alternée ?

 

Ce soir là, je rentrais dans une nouvelle étape de ma condition d’homme objet. Après que Vanessa m’ait avoué que ma présence dans sa culotte lui était agréable, ce qui était un euphémisme pour dire qu’en réalité, ça l’excitait au moins autant que sa chienne de colocataire ; j’y retournais promptement sur sa proposition et avec mon accord. Que faire d’autre ? Jouer le jeu éviterait peut-être qu’elle songea, comme Adèle, à me dévorer. Mais je n’y croyais pas trop : j’avais déjà été témoin (et victime) de deux évolutions inattendues et néfastes de leurs valeurs morales ; aussi, un cannibalisme latent chez Vanessa ne m’aurait pas étonné outre mesure.

Elle se donna un nouvel orgasme en se masturbant simplement avec mon corps à travers le tissu de sa culotte. C’était intense et rapide. Je n’eus qu’à attendre son climax en subissant une pression supportable mais réelle. Contrairement à Adèle, elle ne me laissa pas croupir dans la moiteur de ses jus, et m’extirpa tout dégoulinant de son sexe, pour me placer juste en dessous de son nombril, là où quelques poils commençaient à trahir la proximité du pubis. Un endroit charmant et délicat où j’appréciais de me trouver, ne serait-ce que pour pouvoir respirer à pleins poumons. J’avais un peu le mal de mer, car son ventre se soulevait et s’abaissait vite et fort, du fait de sa propre respiration, qui trahissait encore son tout récent orgasme… Nous récupérions tous deux, comme un couple après l’amour ; puis quand ce fut fini, elle m’amena à son visage, qui était rayonnant de plaisir et de bonheur. Elle me dit très sensuellement qu’elle avait adoré, et qu’elle m’aimait, qu’elle aimerait me serrer dans ses bras mais qu’il ne valait mieux pas… Ce qui la fit rire de bon cœur, et ce à quoi je ne pus résister : Je ris également, surtout de la voir dans cet état d’épanouissement dans lequel je ne l’avais jamais vue. Après tout, me disais-je intérieurement, je pouvais me satisfaire d’être à l’origine de cela. Elle le méritait. Du moins, la Vanessa que je connaissais avant d’être son gode humain le méritait. Après tout, était-elle si différente ? Sûrement pas. C’est la même personne, mais confrontée à une situation inédite. Comment aurais-je réagi si la situation avait été l’inverse ? Puis-je garantir que j’aurais été un gentil géant ? Vanessa n’était pas méchante, en tout cas. Elle s’adaptait à une situation et en tirait les avantages. Démarche on ne peut plus humaine.

Elle me prit tout entier dans sa main et me pressa légèrement contre son cœur, à travers sa poitrine chaude, en se redressant sur son lit pour s’y asseoir. Elle enleva ce qui lui restait de vêtements et très vite, se retrouva nue. Son immense nudité devant ma minuscule nudité. Un couple, vraiment étrange, mais un couple, oui : elle arrivait à m’en persuader. Elle me remit contre son cœur, qui battait moins vite et moins fort, mais qui produisait toujours ces pulsations, impressionnantes à mon échelle, qui présidaient à l’irrigation de ce corps infiniment vaste. Puis elle m’enfonça légèrement dans son sein gauche, le soupesa de sa main avec mon corps entre les deux, fit rentrer ma tête dans son téton et s’en amusa. Je la vis rire et je rit aussi. J’aimais assez ce qu’elle me faisait. Bientôt, elle me fit explorer tout son buste, y compris ses aisselles. Elle m’enferma quelques secondes dans son aisselle droite en refermant sur moi son bras. Je m’empressais de gigoter pour la chatouiller, ce qui eut pour effet de lui faire rapidement rouvrir son bras dans un rire cristallin. Je tombais d’un coup sur son oreiller d’où je rebondissais sans mal. Je glissais quelques secondes pour finir ma course contre ses reins. Elle me surplombait de toute sa hauteur et je pouvais admirer la courbe de son dos qui rejoignait son bras et son épaule, d’où je venais de m’échapper en riant. J’étais contre le haut de sa fesse droite et elle me regardait en souriant encore et en se frottant l’aisselle de son autre main.

« - Ah ? tu veux me chatouiller, alors ? Mais tu sais il n’y a pas que les aisselles qui me chatouillent… »

Je m’étais déjà retrouvé dans cette situation, il y a maintenant bien longtemps... C’était au tout début quand elle avait failli s’asseoir sur moi alors qu’elle me cherchait dans ma chambre et qu’elle ne savait pas encore ce qui m’était arrivé. Je m’étais retrouvé in extremis contre la poche arrière de son short, et j’en avais été fasciné, déjà. Aujourd’hui, elle savait que j’y étais, et elle était nue, excitée et complètement désinhibée. Qu’allait-elle faire ? Je ne me posais pas vraiment la question, ça coulait de source.

Je vis son immense cul se soulever un peu, ce qui fit descendre la chair jusqu’à présent compressée de ses fesses. Je n’en voyais pas la fin, et presque , son bel arrondi m’échappait. Elle glissa au dessus de moi, et appuyé, j’imagine, sur ses bras (que je ne voyais pas) elle frottait ses fesses sur moi. Elle me pressait légèrement, de façon à ce qu’elle me sente sous elle tout en ne m’écrasant pas. C’était effrayant, mais je l’avoue, assez érotique. J’entendais ses rires, presque enfantins. Elle était vraiment sensible et chatouilleuse. Cela promettait une exploration de son corps qui ne serait pas monotone. Je voyais, ou plutôt, je sentais évoluer l’aspect de sa peau, dont les innombrables duvets, presque invisibles pour un oeil de taille normale, se hérissaient sous l’excitation de Vanessa. Cela dura un moment, le temps de l’exploration, au cours de laquelle Vanessa venait et revenait de plus en plus fréquemment sur la zone médiane de ses fesses. Plusieurs fois, je me retrouvais coincé entre elles, alors qu’elle s’appesantissait davantage, me laissant éprouver toute sa puissance et sa maîtrise de la situation. Quand j’y étais je jouais le jeu. Je me débattais d’autant plus que je pouvais moins bouger et cela contribuait bien sûr à l’exciter davantage. Elle en était passé des petits rires aux gémissements, refermant parfois totalement ses fesses sur moi et me m’enlevant en elle, je devinais qu’elle se cambrait pour mieux me sentir. Vanessa s’était installée pour durer : à genoux sur son lit, très souplement, les pieds et les mollets de chaque côté de ses fesses, elle n’avait plus à se soutenir par la seule force de ses bras. J’étais sous des tonnes et des tonnes de féminité en rut, minuscule pour un plaisir majuscule, enfoui dans les chairs pourtant innocentes de ma nouvelle propriétaire et amante, je l’honorais de ma présence autant qu’elle m’honorait de son attention. De ses fesses, elle me dirigeait bientôt vers son sexe humide et impatient pour finir son oeuvre, profondément, intensément et fiévreusement. Elle avait repris une position allongée, puis en chien de fusil, pour jouir de moi et sur moi, en me maintenant enfoncé entre les lèvres de son sexe. Il s’en fallait de peu pour que j’y pénètre, et je crus bien que ç’allait advenir. Finalement , elle n’en eut pas le temps, si telle était son intention, préférant sans doute garder une position qui lui garantissait un orgasme puissant et rare.

Quand Vanessa eut joui, elle récupéra quelques temps son souffle et me laissa entre ses cuisses pour quelques minutes. Puis elle me prit de sa main, m’amena à son visage et me dit doucement :

«  - N’aie pas peur. »

Sans que je puisse répondre ou seulement demander pourquoi je pourrais avoir peur, je compris : elle ouvrait grand sa bouche et m’y poussait sans aucune hésitation. Je n’eus que le temps de dire, sans même le crier, justement à cause de ce qu’elle venait de me dire :

« - Vaness... Non ! Pas toi... » mais je disais ces deux derniers mots alors que j’étais déjà tout entier dans sa bouche et qu’elle s’était complètement refermée sur moi. Sa langue bougea sous mon corps et je me sentis glisser, dans la sensation d’un vide qui s’ouvrait sous moi.

17.08.2009

25- Esclavage

 

 

 

                       sans trop savoir comment, je réussis, ce soir là, à faire jouir Adèle, de l’intérieur de sa culotte, avec mes faibles moyens, en m’activant autour et sur son clitoris, le frottant, le léchant, l’adorant, en somme... Mais après réflexion, je suis sûr que sa jouissance fut bien davantage provoquée par sa pleine conscience de son état de « déesse » que par mes bien faibles possibilités physiques. Du reste, elle ne se privait pas de « m’aider » de sa propre main à travers le tissu, en me manipulant à sa guise. J’en profitais pour reprendre mon souffle, tant bien que mal, vu les circonstances et le manque chronique d’air. Après avoir joui une première fois, elle prit bien soin de serrer les cuisses afin de m’y emprisonner, puis après un temps indéfini qui me parut une éternité, elle s’étira et continua à rêvasser sur son lit, se tournant, se retournant, étudiant toutes les positions et, me semblait-il, éprouvant ainsi ma présence en cet endroit singulier. Un peu plus tard, elle se leva pour sortir de la chambre et aller dans le salon (je m’en aperçus quand j’entendis le son de la télévision). Quand elle marchait, j’étais balloté d’un côté à l’autre et de haut en bas. Dans la pénombre de sa culotte noire de coton, une culotte banale, sans doute même pas très sexy, mes yeux s’étaient habitués.  J’avais certes un horizon limité, mais je voyais mon environnement. Allongé sur le dos, je ne bougeais que quand je croyais perdre l’équilibre, m’accrochant au tissu qui restait d’une relative douceur, bien que très humide. Je dois reconnaître que ce n’était pas si inconfortable : installé comme dans un hamac, j’étais suspendu dans le tissu de son entrejambe. Mes pieds du côté de ses fesses, ma vision était donc brouillée par les innombrables poils de son pubis qui se désolidarisaient les uns des autres au fur et à mesure qu’ils séchaient. En fait, où que je tourne mon regard, je ne voyais que des poils noirs, du tissu noir et une peau qui paraissait brune… J’avais la nette impression de faire un deuil : celui de ma liberté. Je voyais aussi nettement  son sexe. Son ouverture me surplombait et ses pourtours étaient humides comme moi. En allongeant le bras, je pouvais le toucher. Son clitoris avait un peu dégonflé, mais restait impressionnant (au moins la taille de ma tête). Je ne savais plus que faire, essayer de sortir ? M’installer mieux ? Tenter de lui faire plaisir à nouveau ? Si je sortais, je n’irais jamais que là où elle voudrait que j'aille… Il ne me restait plus qu’à jouer le jeu, encore une fois.

 

                       Soudain, tout s’obscurcit alors que je fus pressé contre son sexe. Je pouvais à peine respirer et je n’entendais plus rien. Je compris qu’Adèle venait simplement de s’asseoir. Je paniquais en vain, ne pouvant en aucun cas m’extraire de sous elle. Cela me rappelait  quand j’étais coincé sous le ventre de Vanessa. La différence étant qu’Adèle, ici, a connaissance de ma présence sous elle, et que je l’espère, elle me libérera de son poids avant que cela ne me soit fatal. Après avoir bougé inutilement en m’épuisant et en perdant mon souffle, je me dis que si j’arrêtais de bouger, Adèle se demanderait si je respirais encore. Je stoppais donc. Je respirais encore plus mal, du fait que je ne gigotais plus : si peu que ce soit, mes faibles mouvements généraient un flux d’air qui suffisait à mes besoins. Après avoir tenu un certain temps, qui me sembla extrêmement long, sans plus bouger, je manquais d’air au point de commencer à m’évanouir. Malgré la tournure que prenait ma nouvelle vie, je ne voulais pas mourir. Je bougeais donc à nouveau et pus davantage respirer. La conclusion de cet épisode, c’était qu’Adèle se moquait maintenant complètement de ce qui pouvait m’arriver. En conséquence, je ne pouvais plus compter que sur moi. Et en deuxième conséquence, elle allait probablement me tuer d’un jour à l’autre, volontairement ou non. Il fallait donc que je lui serve à quelque chose. Que je la persuade qu'il vaut mieux que je sois vivant que mort.

 

                       Quand enfin, elle changeait de position et se remit à marcher, je tendis la main vers son clitoris, et me mis à la caresser. Me  hissant de mes mains jusqu’à lui, j’entrepris de le lécher en l’enveloppant de mes bras. Il ne fut pas long à réagir en grossissant tout en devenant à nouveau humide. Il semblait qu’Adèle gémissait tandis que je crus distinguer, en bas, à travers le tissu, le carrelage de la salle de bain. Je ne croyais pas ce que je voyais : au loin, en bas, ses pieds ; en remontant ses mollets, ses cuisses, qui, ne se touchant pas quand elle est debout, me permettent d’avoir cette vue. Je vis enfin un tissu clair descendre jusqu’à ses genoux : sa chemise de nuit. Elle s’apprêtait à se coucher. Après quelques temps dans la salle de bain, elle retourna dans sa chambre et se glissa dans son lit. Le noir total. Elle allait dormir ainsi, sans même se soucier de moi, qui séjournais sans doute maintenant depuis plusieurs heures dans sa culotte. Cette nuit, il faudrait que je sorte. J’en étais à ces pensées quand je sentis l’air s’engouffrer dans ma cage de chair et de tissus. Sa main venait me chercher. Ses doigts me saisirent, et m’emmenèrent jusqu’à son visage. L’abondance de l’air qui me fouettait maintenant le visage me fit tourner la tête et probablement un peu sourire, si bien qu’Adèle me sourit elle aussi et me dit :

« - elle a l’air de te plaire, ta nouvelle maison ? Ca tombe bien parce que je veux que tu finisses ce que tu viens de commencer et après,  je veux que tu y passe  la nuit. Dorénavant, tu sortiras de ma culotte que si je t’y autorise. Si demain quand je me lève, tu n’y es plus, je te jure que je te retrouve et que je te bouffes »

Comme je ne répondais rien, elle me demande :

« - tu vas obéir ou je te mange tout de suite ? »

Après coup, je fus sûr qu’elle bluffait, mais devant la pression je m’empressai de répondre :

« - oui, j’obéirais… »

« - bien.» Et elle me remit sans attendre dans sa culotte. Je me remis à l’ouvrage aussitôt et elle ne tarda pas à jouir peut-être encore davantage que la première fois. Elle s’endormit rapidement. Ayant jouit également, malgré, ou peut-être à cause de l’humiliation. Sans trop chercher à comprendre comment je pouvais être excité par ma position, je cherchais le sommeil. Mais libéré par cet orgasme, ma condition me revint en pleine face et je sanglotais longuement avant de sombrer dans un sommeil de plomb, en appelant de touts mes vœux le retour de Vanessa.

 

                       Le lendemain, après des heures passées dans sa culotte, Adèle se réveillait enfin. Je bougeais aussi pour manifester ma présence. Aussitôt, elle enfouit sa main entre ses cuisses et se (me)caressa légèrement. Quelques grognement d’aise et de plaisir plus tard, elle s’étira puis finit par s’asseoir au bord du lit. Elle prit bien le temps de me sentir sous elle, ouvrant et fermant les cuisses, contractant les muscles du périnée, des fesses, balançant d’avant en arrière… Bref, jouissant de son pouvoir sur moi et de son statut de Déesse. Elle finit par se lever pour aller à la cuisine, faire du café. Je l’entendais bailler et continuer à s’étirer. Enfin, elle finit par aller aux toilettes. Je désespérais que ce moment arrive…

 

 

20.07.2009

24 – Ou l’animal de compagnie ?

 

 

                       Après cette courte explication, les choses reprirent un cours... non pas normal, mais proche de la normale, à quelques détails près. En termes astronomiques, on aurait pu dire qu’Adèle étant une planète, j’étais son satellite (plutôt artificiel). En d’autres termes, n’importe où qu’elle aille, j’allais aussi. Soit parce qu’elle m’emportait, soit parce que j’étais installé dans un de ses vêtements. Elle a eu l’occasion de tout essayer, durant quatre jours. Elle a aussi instauré un certain nombre de rituels immuables qui la faisaient beaucoup rire et qui semblaient également lui faire plaisir. Dès ce matin-là, il ne se passait pas un repas en commun sans qu’elle mime le fait qu’elle était sur le point  de me manger. Parfois même entre les repas, elle me mettait dans sa bouche et me mâchonnait gentiment, me regardant d’un air triomphant, mêlé à une expression de regret qui me fait dire qu’au fond, elle avait très envie de m’avaler. Elle prenait donc un air triomphant pour masquer sa réelle défaite, qui était pourtant une victoire sur elle-même, sur ses instincts. Se trouver dans la bouche de cette fille sans que celle-ci tienne un peu à vous était très dangereux, et chaque fois, je craignais un peu plus qu’elle finisse par se décider. D’ailleurs, un soir, alors qu’elle m’avait emmené dans sa chambre pour dormir, elle se déshabilla presque complètement et commença ses jeux de bouche. J’avais remarqué qu’une lueur inhabituelle brillait dans ses yeux, et, après m’avoir abondamment léché, elle me faisait tourner dans sa bouche depuis un moment, après qu’elle se soit arrangée pour exciter mes zones érogènes au point de me faire jouir, calmant ainsi mes gigotements et mes résistances. Cette fois là elle s’aidait de ses doigts et m’ajustait avec sa langue pour me placer dans la position idoine : allongé sur sa langue, tête en avant, les bras le long du corps. Elle s’était arrangée pour que je ne puisse plus vraiment bouger, me trouvant dans une sorte de tunnel formé par sa langue, appliquée à son palais. Je sentis alors qu’elle commençait à incliner la tête en arrière en levant le menton, comme si elle s’apprêtait effectivement à m’avaler.

 

                       Quand je me mis à glisser vers sa gorge, je fus pris de panique mais ne pouvant pas bouger, dans la position où je l’avais laissé me mettre, en toute confiance ; je me débattais en pure perte, jusqu’à ce que j’atteigne le pharynx où in extremis, mes bras se dégagèrent pour tenter de freiner ma trajectoire. Mes mains touchèrent les parois glissantes de sa gorge, ce qui produisit immédiatement son réflexe de déglutition. L’effet produit était inquiétant : la partie antérieure de mon corps fut soulevée par l’arrière de sa langue (où il se trouvait encore) au point que malgré mes efforts, je me  vis la tête en bas, face au trou béant mais étroit de son oesophage,  idéalement positionné pour être avalé. En un éclair, je me rendis compte que je lui avais fait confiance et que maintenant, elle était en train de me trahir, volontairement ou non, de la pire des façons. Etais-je seulement encore en position de m’opposer au fait qu’Adèle soit en train de m’avaler ? Quoiqu’il en soit, et par pur réflexe de survie, je me raidis tout en pliant les genoux et le dos. Etait-ce suffisant pour l’empêcher de m’envoyer rejoindre les restes de son repas ? Ou est-ce qu’au dernier moment, elle s’empêcha de commettre l’irréparable ? Toujours est-il que je me suis rendu plus difficile à avaler, et que cela aura peut-être suffi, non pas à l’empêcher réellement de le faire, mais à lui rappeler que ce qu’elle s’apprêtait à engloutir n’était pas un simple morceau de steak qui ne peut émettre aucun avis ni volonté sur le fait d’être englouti. Par ma résistance, je manifestais que je ne désirais pas être expédié dans ses entrailles pour ne plus en ressortir, et pour y être consumé... Après coup, je pense que si je n’avais pas opposé de résistance, elle aurait considéré que c’était également ma volonté d’être avalé, et dès lors, elle l’aurait fait.

 

                       Mais mon heure n’était pas venue. Déjà pour partie dans sa gorge,  je sentis son larynx se contracter pour me barrer le passage, dans d’odieux bruits de gorge. Bientôt, je sentis ses doigts sur mes jambes qui me tiraient vers l’arrière. L’instant d’après, j’étais à l’air libre, dégoulinant de salive, dans sa main. Ce soir là, elle me fit suivre de l’extérieur le trajet que j’avais failli suivre à l’intérieur. Laissant, telle une limace, ma trace de bave sur sa peau, elle me fit descendre sur son cou, puis, très lentement, j’arrivais entre ses seins, effleurant plus  particulièrement le gauche, pour stationner en dessous de celui-ci, à l’endroit supposé de son estomac. Elle continuait à commenter ce qu’elle faisait :

« - si tu t’étais laissé faire, tu serais là, maintenant » Et elle se caressait le ventre en gémissant. « Hmmm... Tu sais, j’ai bien cru que j’allais t’avaler, cette fois... » dit-elle en me remontant vers son sein en le caressant par mon intermédiaire. Alors qu’elle me laissait un instant de répit, plaqué sur son ventre, afin sans doute que je profite des bruits assourdissant de sa digestion comme si j’étais à l’intérieur ; je lui demande :

« - Un jour, à force de faire tout ça, tu finiras par m’avaler, non ? » Elle me regarda profondément avant de me répondre.

« - hmmm... ouais... peut-être... » répondit-elle en recommençant à se caresser le ventre avec ma personne. Puis, s’arrêtant à nouveau :

« - Tu sais, j’adore te mettre tout entier dans ma bouche. J’aime le moment où tu commences à ne plus résister. Quand tu abandonnes. C’est le moment où je gagne, et où tu perds. A ce moment-là t’es plus tout à fait toi : tu deviens ce que j’ai fait de toi : une proie. Voire un repas. Quand tu rentres dans ma bouche, tu es Martin, puis, peu à peu tu m’appartiens, je te dresse à faire ce que je veux... Alors, quand j’y suis arrivée, tout est possible... »

 

Avant que je puisse dire quoique ce soit, elle me fit glisser plus bas, vers son pubis, encore recouvert de sa petite culotte. Toujours guidé par sa main, je frotte le tissu et sens l’odeur de son intimité déjà humide. Il est bien certain que c’est encore là que vais passer la nuit, ce soir. Puis elle reprend en me ramenant vers son visage alors qu’elle se redresse en s’asseyant en tailleur :

« - Peut-être que la prochaine fois, ou la fois d’après, je t’avalerai. » M’assure t-elle le plus sereinement du monde.

« - Et... Mais... Tu... Tu me feras ressortir ? » demandais-je timidement, apeuré par la réponse qu’elle n’allait pas manquer de me faire.

« - Ah ! Ça, je sais pas si je pourrais... Peut-être qu’une fois descendu, je ne pourrai plus te faire ressortir. » Je savais qu’elle allait répondre ça, parce que c’est logique : si je passais difficilement dans son oesophage, ce serait encore plus difficile dans l’autre sens.

« - Tu me laisserais mourir ? »  demandais-je, définitif.

« - Pas si je peux faire autrement, bien sûr... Mais si je ne peux pas... je te regretterais, mais...» 

L’interrompant :

« - Tu me digèrerais sans scrupule  !? » me choquais-je (un peu artificiellement, parce que je m’y attendais)

« - Pas sans scrupule... t’exagères...Mais arrête de me parler de ça, tu me donne envie... »  dit-elle en riant.

« - Ca te plairait, en fait ? » concluais-je à sa place.

« - Tu rigoles ? Bien sûr que ça me plairait ! Si c’était pas toi, ça ferait longtemps que je l’aurais fait !  Waah, avaler quelqu’un vivant, c’est un sacré fantasme... et je serai peut-être la première à le faire, tu te rend compte ? Et toi aussi, d’ailleurs, c’est super original comme fin : mourir avalé et digéré par sa petite amie, pour son seul plaisir... Ha ha ha !»

Finit-elle en riant et en rêvant. Je savais maintenant ce qui risquait fort de m’arriver, mais je la provoquai quand même en lui disant très froidement :

« - T’es pas ma petite amie, on n’est pas ensemble et t’es qu’une énorme pute qui arrive même pas à gérer son putain de feu au cul... »

Elle sourit en me regardant, et répond :

« - t’as tort de me parler comme ça, tu risque de m’enlever pas mal de scrupules, en fait... Je dis ça pour la prochaine fois que tu te trouveras dans ma bouche... Je pourrais très bien te bouffer maintenant, si je le voulais... Par contre, t’as raison : on n’est pas ensemble. Tu n’est pas avec moi, tu es A moi. Moi, je ne suis pas non plus avec toi : tu es ma propriété, mon esclave. Je fais ce que je veux avec toi et tu n’as aucun moyen de t’y opposer... »

« - Et toi, tu sais pas si demain je serai pas de nouveau à ma taille normale, tu ferais mieux de te méfier ! » la menaçais-je sans y croire. Mais après tout, il fallait bien entretenir cette éventualité. Si j’avais rétréci, contre toute attente, eh bien contre toute attente, je pouvais fort bien retrouver ma taille normale. Sa réponse fut terrible :

« T’as raison. Il vaut mieux que j’en finisse avec toi tant que c’est possible. Je serais trop dégouttée de ne pas l’avoir fait... » Et elle me prit par les jambes avec ses doigts et leva sa main au-dessus de sa tête, alors que sa bouche s’ouvrait, immense.

« - Non ! Arrête ! Je... Je t’en supplie » elle s’était arrêtée, mais je balançais toujours au-dessus de sa bouche. Je sentais son souffle chaud quand elle me dit :

« - Ah tu supplies, maintenant... C’est un peu tard, et puis c’est un peu léger : tu te crois encore quelqu’un, mais là tu n’es plus qu’un casse-croûte en devenir. Dans deux minutes, t’existes plus et plus personne n’entend plus parler de toi... »

« - Je ... Je... Excuses-moi... s’il te plait, Adèle. Je ne recommencerais plus. »

Elle attendait encore et me fit descendre jusqu’à ses lèvres.

« - JE T’OBEIRAI, JE FERAI TOUT CE QUE TU VOUDRAS !!! » criais-je, paniqué.

 

« - On verra », dit-elle simplement. « Tu sais ce que tu as à faire » rajouta t-elle, et elle me descendit vers son ventre, écarta l’élastique de sa  culotte et me déposa à l’intérieur. Je me laisse descendre jusqu’au fond alors que j’entends le claquement de l’élastique qui se referme et sa voix, triomphante et impérative ; comme venant de partout :

« - Vas-y esclave, honore ta maîtresse et peut-être décidera t-elle que ta vie vaut la peine d’être conservée... » et elle s’allongea et profitant de son nouveau sex-toy sans piles.

Je m’exécutai sans attendre. 

 

03.06.2009

22- Gueules de bois

 

 

 

 

                       Rien de tel qu’un pachyderme pour réveiller un moucheron. De mon coussin, j’entendais le monstre se réveiller. Courbatu et abattu, je ne bougeais qu’avec difficulté. J’envisageais de me cacher, d’attendre le retour de Vanessa et de lui demander sa protection contre Adèle. Tant pis si je crevais de faim et de dégoût (je puais encore atrocement).  Où ? Où pouvais-je bien tenter de disparaître pour échapper… Trop tard : elle est là, dans le salon qu’elle balaie du regard, comme cherchant d’un air inquiet un bien précieux. Elle me voit et immédiatement, se dirige vers moi en disant :

« - Oh ! Martin, tu es là… J’ai eu tellement peur ! Je… »

Et elle est déjà sur moi, sa tête s’approchant à quelques centimètres tout en me parlant. Son haleine est plus effroyable que jamais, ce qui contribue à me faire adopter une position de crainte. Je me lève à peine que je tombe en arrière.

« - Pouah ! Ce que tu pues ! Comment est-ce qu’on peut être aussi petit et puer autant ? » Et elle me prit entre ses doigts et m’emmena à la salle d’eau. Je ne répondis rien. Elle ne m’aurait sûrement pas entendu et ce que j’avais à lui dire était de toute façon assez peu agréable à entendre. Du genre,  « t’as pas senti ton haleine, ce matin » ou, en réponse à sa question : « on peut être aussi petit et puer autant en passant la nuit dans la culotte d’une truie lubrique comme toi ». Mais à quoi bon? J’étais à nouveau entre ses mains et je savais qu’elle avait déjà fait sauter les barrières que les restes de sa morale tentaient faiblement de lui imposer encore… Quoique.

 

                       Je me retrouvais rapidement sous un jet d’eau tiède et dans le bain moussant du lavabo qui aurait pu me servir de piscine. Très délicatement, Adèle me savonnait et me rinçait, pour finalement me sécher dans une serviette propre. Elle était concentrée sur sa besogne et on voyait bien que la soirée d’hier avait été rude. Je n’arrivais pas vraiment à la haïr : elle paraissait attentionnée et ressemblait à l’Adèle que j’avais bien connue.  Mais peut-être ne se rappelait-elle pas de notre soirée ? après m’avoir séché et ramené au salon, elle dit doucement d’un air gêné :

«  - Ecoute, Martin… je … j’ai été un peu loin, hier soir, non ? »

«  - Heu… » moi aussi j’étais brillant.

«  - Je suis désolée si j’ai été un peu trop… directive, je sais pas, en même temps on peut plus rigoler avec toi depuis que t’es comme ça, c’est vrai… ?!! »

«  - Ouais enfin t’as été un peu loin là, t’as failli me tuer, tu t’en est même pas rendue compte !!! » Dis-je du ton de celui qui ne veut pas s’énerver mais qui est quand même  très agacé et déçu.

« - Te tuer… » dit-elle songeuse. « C’est vrai, ça aurait pu arriver, sans que je le veuille, mais j’étais emportée et je… je ne contrôlais plus rien… Et puis j’ai adoré ça. Comment ça à fini, au fait ? » demanda-t-elle soudain . Elle était à nouveau un peu exaltée et inquiétante. Je venais de lui dire que j’avais failli mourir de son ardeur au plaisir, mais ce qu’elle voulait savoir, c’est comment ça avait fini. Autant ne pas trop s’illusionner : elle pouvait très bien « perdre le contrôle » à nouveau. Il fallait tenter de jouer le jeu. Cacher mes sentiments ou me servir des siens…

« - Tu ne te souviens de rien ? » me demandais-je en fait à moi-même parce que je ne pouvais pas imaginer qu’elle fut amnésique à ce point…

« - Je crois que si, mais pas jusqu’au bout… J’ai joui sur toi mais… » dit-elle en souriant du coin des lèvres. « - Je sais plus trop après, c’était tellement… j’étais complètement… »

« - Beurrée !!!... » L’interrompis-je bêtement pour faire le malin. « En fait, tu t’es endormie direct après… » ajoutais-je.

« - Et toi ? » s’inquiéta-t-elle enfin

« - Moi aussi… » répondis-je simplement. « J’en pouvais plus, en fait » ajoutais- pour me justifier.

« - Wouah, j’y crois pas : t’as passé la nuit dans ma culotte, alors ? » riait-elle, savourant sa prouesse.

« - J’étais prisonnier ! dès que j’ai pu sortir, je suis sorti et crois bien que ça n’a pas été facile ! » T’aurais pu me tuer quinze fois avant que j’arrive au salon.

« - T’as pas idée à quel point … » dit-elle, énigmatique, en s’allongeant le long du tapis… « Quand je me suis réveillée, j’ai passé quelques minutes à me demander comment ça s’était fini. Quand je t’ai pas trouvé j’ai cru que ce que j’avais rêvé s’était réellement passé. Jusqu’à ce que je te voie, j’en étais pas sûre, mais quand je me réveillais, j’étais encore dans mon rêve, que je croyais vrai. »

« - Et… C’était quoi ton rêve ? » lui demandais-je timidement. J’avais la gorge sèche.

« - J’ai rêvé qu’après avoir fait l’amour avec toi, je te sortais de ma culotte et que je recommençais à te sucer et à te mettre dans ma bouche. La différence, c’est  que je voulais plus m’en contenter. A un moment, dans mon rêve, je me souviens que je me disais « mmm… je peux pas résister… j’ai vraiment trop envie de l’avaler… »  Et finalement, je l’ai fait… Ca paraissait tellement vrai ! Je te sentais descendre dans mon ventre et bouger encore à l’intérieur. J’ai encore joui, je pense, et tu n’étais plus dans ma culotte, donc j’avais vraiment l’impression que ça s’était passé… Tout cela est tellement fou, tout ce qui m’arrive avec toi est invraisemblable, alors un peu plus, un peu moins… »

 

J’étais médusé. Adèle me racontait "ma mort" sous l’angle de son plaisir et de son rêve sans qu’elle pense un seul instant à mon sort…  Alors je lui rappelle :

« - Ca fait quand même une légère différence pour moi, mais ça à pas l’air de te gêner ! » En riant, et sur un ton qui se veut rassurant, elle répond :

« - Mmm… je te parlerais encore, mais toi, tu pourrais plus me répondre. Tu serais devenu un petit tas de bouillie avant que je puisse réaliser…  Je m’en voulais tu sais, quand je croyais encore l’avoir fait ! » se justifiait-elle (sans me convaincre). « En fait, la première chose que j’ai pensé, c’est « qu’est ce que je vais dire à Vanessa  ?», et puis je me suis dit que je lui dirais que t’as disparu, et c’est tout. Elle aurait jamais rien su, et personne n’aurait jamais su quoique ce soit. » continuait-elle.

« - Sauf moi » dis je, comme pour me faire encore exister.

« - c’est sûr, tu l’aurais su, mais t’en aurai parlé à personne ! » assura t-elle dans un de ses rires coquins qui ne me plaisaient plus du tout. De plus en plus froid, mais tout de même légèrement troublé par cette évocation, je conclu en disant :

« - Donc, tu as vraiment apprécié le fait de me manger entier et vivant ? »

« - Mmmm… désolée mais oui… » Répondit-elle sans aucune hésitation d’un air qui n’était pas le moins du monde désolé. Si je ne contre-attaquais pas très vite, ce qu’elle avait rêvé m’arriverait, tôt ou tard. Alors je l’ai défiée. Quitte ou double.

« - De toute façon, tu pourrais pas m’avaler, je suis pas assez petit. Tu t’étoufferais… » Elle pouvait très bien décider de me prouver que j’avais tort.

« - Mouais, peut-être… » Répond-elle comme si elle y avait déjà pensé. « T’es prêt à risquer ta vie là-dessus ? » reprit-elle. Elle y avait déjà pensé : que répondre ?

« - Tu me tuerais pas consciemment ?» demandais-je, car c’était finalement la seule question. Sa réponse allait décider de ma vie.

« - Non, en fait, si je résiste à l’envie de t’avaler, c’est pas que tu soit trop gros  pour cela, mais c’est pour te faire ressortir… si j’étais sûre d’y arriver, je le ferais. » Dit-elle tranquillement.

« - Même si je ne le veux pas ? » continuais-je

« - Tu peux toujours dire que tu veux pas , mais ton corps me dit autre chose » Conclut-elle. En effet, je bandais… Pas franchement, franchement, mais c’était évident que l’évocation de ma dévoration par Adèle m’excitait… Que pouvais-je dire ? que pouvais-je argumenter, surtout avec Adèle… Mon corps, et même mon esprit me trahissait. Je n’avais plus d’instinct de survie. Je me laissais tomber en pensant, résigné, que si Vanessa était là, Adèle ne la laisserait pas me torturer ainsi. Ou alors elle serait outrée et se désintéresserait de moi… Je ne le saurais sans doute jamais. Adèle savourait sa victoire et mon anéantissement, je n’osais plus relever la tête pour la regarder. Je ne savais plus quoi dire. J’étais prêt. Prêt pour devenir sa nourriture, pour devenir elle…  Elle me prit entre ses doigts et m’amena à son visage pour me regarder. Je criais comme un animal blessé, et lui hurlais : 

« -Si tu fais ça t’y penseras toute ta vie et tu le regretteras !!! tu pourras plus te regarder en face. »

« - Hou, et Dieu me punira ! Hahaha !!! » Rit-elle en me montrant sa gorge déployée.

« - Je vais pas te manger, petit idiot, je t’aime bien. Ce que je veux, c’est qu’on passe d’autres moments comme hier soir… » Dit-elle, essayant de me rassurer.

« - Quoi ? Mais c’est trop dangereux, tu te rends pas compte. On peut pas … » elle m’interrompit

« - Y’a que le premier pas qui coute… Maintenant qu’on l’a fait, on est ensemble. Je m’occupe de toi et  tu feras ce que je dis. »

« - Oh, non… » dis-je en gémissant.

« - Mais quelle vie tu vas avoir comme ça ? Et puis y’a plus que moi qui veuille te voir ! Vanessa, tu compte sur elle mais tu la dégoutte, elle me l’a dit. » Renchérit-elle

Puis le téléphone d’Adèle sonna, elle alla décrocher avec moi dans sa main, pris de frénésie et de peur je hurlais :

« - Au secours ! Aidez-moi ! »

Elle m’enserra dans sa main et tout fut noir, ma voix étouffée. Peu après je m’évanouis.

 

13.05.2009

21- La nuit

 

 

 

                       « - NON !!!!!! NON !!!!!!! ADELE !!!!!! NOOOOOOON ! » J’ai crié à me faire exploser la tête. Elle m’a entendu. Elle arrête.

« - Quoi ? Tu veux pas ? T’es dégueulasse, après ce que je viens de te faire ! Et puis ça t’as pas gêné avec Vanessa !!! »

« - Mais j’avais pas le choix, elle allait m’étouffer, et … » Me défendais-je, outré.

« - Tu parles, elle est plus maline que moi. Elle fait semblant de te rouler dessus en dormant… » Dénigra Adèle. Mi- incrédule, mi- choqué par l’hypothèse, je répondis :

« - Quoi ?!! » avec une grande pertinence.

« - Allez, c’est bon, fais moi plaisir, je suis sûre que ça va te plaire. J’ai trop envie !!! »  Reprend-elle.

« - Jamais !! Arrêtes-ça ! t’es complètement saoule… Tu me dégouttes !!! »

Et ça, rétrospectivement, je crois que c’était la parole de trop. D’un coup, je me suis retrouvé non pas à la merci d’une amie un peu bourrée et pleine d’envies pas nettes, mais dans le poing serré d’une géante en colère, au désir frustré, et qui était parfaitement consciente qu’elle pouvait se libérer de son désir et de sa colère dans un même mouvement, sans même avoir à passer par mon consentement. Son regard changea, elle se redressa dans son lit en me fixant, l’œil dur et déterminé. La bouche mi-ouverte, un léger rictus commençait à se redessiner sur ses lèvres. Puis son pouce vint sur ma tête, pour m’enfoncer dans le creux de sa main. Celle-ci bougea et m’emmena. Je criais à nouveau :

« - Adèle ! Non ! Excuses –moi ! Non… Hmmpf ! »

Quand son poing s’ouvrit, ma tête s’enfonça dans la chair  de ce que je reconnus assez vite pour être son sein. Elle m’y maintint et m’y frotta assez vigoureusement, essentiellement contre son téton. Elle commençait à sérieusemant s’échauffer, et je me rendais bien compte que toute résistance, tout cri était inutile. Elle irait maintenant jusqu’au bout de son désir. Je n’avais qu’à espérer qu’il ne me soit pas funeste, encore une fois. Une fois son sein bien agacé, elle me descendit le long de son ventre, tout doucement, en me remontant de quelques centimètres, me redescendant de quelques uns de plus, si bien que sous sa main, sous sa couette, sous son empire ; elle m’amenait vers mon ultime destination : son plaisir. Quel qu’en soit le prix pour moi.

 

                       Ma peau, fine et délicate, chauffait atrocement de l’effet du frottement contre la sienne, qui était bien plus rude et épaisse. La moindre irrégularité de celle-ci m’était douloureuse, mais cela, Adèle ne pouvait ‘en rendre compte. Je l’en informerais peut-être, si je n’étais pas démembré du fait de son action. Pour l’heure, il n’était plus question de résister tant que sa main me contrôlait ainsi. Je n’avais plus qu’à la laisser se satisfaire et éviter de résister, ce que je pensais être la meilleure solution pour ne pas être blessé. Soudain le duvet se transforma en poils, puis en toison. J’y étais. Sa main me plongea directement dans ses profondeurs, comme si elle avait hésité encore un peu avant d’aller jusqu’au bout de sa trahison. L’odeur était forte, envahissante, mais pas aussi insupportable que je commençais à me l’imaginer. Il faut dire que je sortais d’une bouche à l’haleine passablement chargée : la sienne. L’obscurité était totale. Je n’entendais plus rien, sauf le frottement de mon corps sur ses poils, qui se transforma  très vite en frottement humide. Je n’y gagnais pas en odeur et en auto-estime, mais je gagnais un certain confort de la peau. Je glissais comme si j’étais glycériné contre son sexe qui dégorgeait abondamment de désir ; ses poils eux-mêmes étaient mouillés, sa main également, ce qui fait que j’étais encore dans une atmosphère où j’avais tendance à faire des bulles en respirant. Quand je pouvais respirer. J’étais toujours proche de l’absorption, au moins partielle dans son vagin, mais son action visait grossièrement à me frotter autour de son clitoris, ce qui finit par avoir l’effet souhaité. Mais Adèle voulait prendre son temps, et, je pense, ménageait des temps d’arrêt pour vérifier que j’étais encore conscient. Sa main se fit moins lourde et finit par se retirer un peu de moi, tout en restant dans sa culotte. J’étais situé exactement sur sa fente, les deux pieds callés sur la naissance de ses fesses. Dès que la pression se relâchait, j’en profitais pour bouger et vérifier l’état de fonctionnement de mes membres. Où que je m’appuie, tout est gluant et humide. Un poil qui s’est détaché d’elle s’est enroulé autour de moi sans que je puisse m’en défaire. Puis une lumière me parvient de vers son ventre. Elle à soulevé la couette et me parle. Incroyable ! Je ne suis pas encore  qu’un objet  qu’on utilise…

 

« - Putain, qu’est-ce t’attends, Martin ? Vas-y rentre ! Merde !! »

« - Quoi ?!! » ne puis-je que dire , reprenant mon souffle.

Qu’elle ait entendu ou non n’a aucune importance :

« -Tu fais chier ! Pénètre-moi ou je t’y fous la tête première ! »

Les deux solutions sont techniquement possibles, et je préfère de loin la première, même si je me demande ce qu’elle attend exactement de mes performances… Quoiqu’il en soit je n’ai plus qu’à m’exécuter. Avec la meilleure volonté, j’introduis sans peine mon tout petit sexe bien dur dans son immense chatte molle et goulue. J’essaie d’amplifier au maximum les mouvements de mon bassin afin qu’ils ne passent pas inaperçus, et de fait, il me semble que je sens tout son sexe frémir. Ses lèvres se contractent et semblent rendre plus de liquide encore. Je l’entends dire quelque chose  d’inaudible mais qui trahit la satisfaction des ordres exécutés. En gémissant, elle laisse sa culotte se refermer sur mon corps et sa besogne, cependant que sa main se glisse par-dessus le tissus entre ses jambes qui se referment. La pression devient intense tout autour de moi. Je sens à nouveau sa main sur moi, à travers le tissu. Elle bouge à nouveau et me presse, me frotte et m’enfonce entre ses lèvres et contre son clitoris. Son sexe vibre autour de moi, je le sens prêt à m’engloutir, tandis que mon sexe est toujours vaguement à l’intérieur. Cependant, je ne bouge plus par moi même, Adèle ayant repris l’initiative de son plaisir. De plus en plus intensément, je suis complètement livré à ses appétits, alors qu’elle ne prend plus la peine de s’arrêter pour vérifier si elle ne m’a pas broyé. Rien ne peut plus s’interposer entre elle et son orgasme à venir. Quelques minutes plus tard, elle vibre au paroxysme de son plaisir alors qu’autour de moi, la pression est à son comble. Plus mort que vif, je sens peu après sa main se retirer. Je ne peux plus bouger. Je suis collé, et courbatu, sans force… 

 

                       Dans un silence seulement troublé par de vagues et lointains bruits corporels, je tente de reprendre mon souffle. L’air que je respire est moite, brulant et rare. Je ne sens plus vraiment l’odeur, qui m’imprègne et m’habite. Je ne sais plus dans quel sens je me trouve, encore moins quelle est sa position à elle. Je ne peux que penser, et encore. Je m’en passerai bien. J’envie l’existence d’un simple gode, qui lui, au moins, n’a pas la conscience de ce qu’il est. Il n’a probablement pas le sentiment de se faire violer et trahir, comme moi. J’ai comme un pressentiment, dans l’état et dans l’endroit où je me trouve, que  je vais devoir un peu m’habituer au mode d’existence d’un gode, et donc à son niveau de conscience. Cependant, quelques minutes ayant passé, je bouge mes membres les uns après les autres, alors qu’autour de moi, Adèle ne semble pas bouger. Je suis entre ses lèvres, contre lesquelles le haut de ses cuisses me presse à travers le tissu souillé de sa petite culotte. Je suis enfermé, coincé en elle. Elle m’a possédé, humilié… et oublié. Je suis las et j’ai comme le vertige, j’ai l’impression que je vais m’évanouir.

 

                       En fait, Adèle s’est endormie d’un coup, terrassée par les effets conjugués de sa cuite, de son orgasme  et de l’heure avancée… Mêmes causes, mêmes effets, j’ai dormi aussi, avec ce réveil inouï : d’ habitude on rêve de choses invraisemblables pour retrouver la normalité à son réveil ; cette fois au contraire j’avais rêvé d’une vie normale, de ma vie d’avant… mais en me réveillant, je dus me refaire à l’idée que je venais de passer la nuit entre les cuisses de ma colocataire, poisseuses encore de son désir et de son plaisir ; prisonnier de sa culotte, souillé comme elle des flots odorants de son sexe. Devenu son jouet sexuel, elle m’avait oublié à ce qui semblait être devenu ma place aussitôt son désir assouvi. Dessaoulé et honteux, furieux contre elle et contre moi-même, je développais une haine sauvage. Mais je ne pouvais rien faire pour me venger qui ne mit directement ma vie en péril. Elle me détenait sans même s’en rendre compte, mais en l’ayant voulu. Elle avait exercé sa toute puissance sur moi pour assouvir son désir malsain. Mais je pouvais peut-être fuir. Adèle avait bougé et c’est probablement cela qui m’avait réveillé. En me retournant, dans le noir le plus complet, je commençais à chercher en vain une issue. En tentant de ressortir par l’endroit où j’étais entré : élastique supérieur avant de sa culotte, impossible. J’ai alors compris qu’elle s’était retournée à plat ventre. Je rencontrais donc le lit que pressait tout le poids de son corps. De chaque coté, ses cuisses. Impossible de trouver les limites de sa culotte, alors passer dessous… Il ne me restait plus qu’à grimper « côté fesses » pour tenter de trouver une issue. J’ai hésité. Je pouvais peut-être sortir de sa culotte, mais n’étais-ce que pour me retrouver dans  son lit immense avec cette géante qui pouvait m’écraser du plus infime de ses mouvements nocturne. Du moins ici, dans sa culotte j’étais prisonnier, mais j’étais en sécurité. J’avais encore de cette fierté imbécile qui me provenait de l’époque où j’avais une taille normale ; c’est pourquoi j’entrepris de sortir, me disant qu’ayant le choix de sortir ou de rester, je ne POUVAIS choisir volontairement de rester dans la culotte de quelqu’un d’autre. C’était lui donner raison de m’y avoir mis, en quelque sorte… Je n’étais pas encore prêt à l’accepter. J’entrepris donc de sortir, quelqu’ en soit le prix, si je le pouvais.

 

                       Après quelques difficultés, je grimpais donc en m’accrochant au tissu de la culotte, côté fesses. Je réussis à me frayer un passage jusqu’à la moitié de l’arrondi de ses fesses, suivant le seul espace : sa raie… Tout en évitant de regarder, j’avais bien conscience de l’endroit où je me trouvais. L’odeur, du reste ne pouvait que me le rappeler. Rien d’insupportable, juste une odeur de circonstance, mélangée aux effluves de la nuit et du sexe…  un peu plus haut, le tissu devint mon plafond, et si je pouvais désormais m’aider de mes pieds, ceux-ci s’enfonçaient parfois d’un coup, glissant dans les profondeur de l’entre fesse d’Adèle, ce qui rendait ma progression chaotique. Je tombais plusieurs fois pour me retrouver à mon point de départ. Après une heure, me semblait-il, j’en étais toujours au même point et plus épuisé qu’avant… En désespoir de cause, je tentais donc une reptation par l’entre fesse, ce qui me donnerait plus d’appuis et me ferait aboutir au bas de ses reins où l’élastique de sa culotte ne pouvait que se trouver un peu décollé de son corps en raison de son anatomie. Enfin il me semblait avoir observé qu’il en était ainsi sur les autres…  Au milieu de son cul, presque tout entier entre ses fesses, j’arrivais à ramper, jusqu’au moment où mon pied gauche perdit son appui pour en retrouver un plus bas, dans un espace. Je sentis que ce qu’il avait touché réagissait en se contractant. Le problème, c’est qu’à la suite de mon pied, tout mon corps semblait entraîné, comme dans des sables mouvants. Je m’enfonçais dans son cul et maintenant tout autour de moi, ses deux immenses fessiers réagissaient aussi. Mon affaire était mal engagée, et mon pied aussi. Je le sentais prisonnier. Je n’avais que peu de prise, sauf le tissu de cette maudite culotte, qui venait avec moi et contribuait à m’enfermer un peu plus entre ses fesses. Voulant reprendre un point d’appui qu’il ne trouva jamais, mon pied droit alla rejoindre l’autre où tout, en cet endroit, aboutissait : l’anus d’Adèle. Je m’enfonçais de plus belle maintenant que je n’avais plus aucun appui, mes mains tétanisées , crispées sur le tissu qui lui aussi d’entortillait pour former sur ma sollicitation une sorte de string improvisé qui rentrait avec moi toujours plus profond dans son cul. Je commençais à fatiguer. Je n’arrivais plus à bouger. Je me demandais : si je lâche le tissu, m’enfoncerais-je plus ? Mes jambes étaient entièrement enfoncées et le reste de mon corps était enserré entre ses fesses. Pouvais-je tomber plus ? Au contraire, ne pouvais-je pas mieux m’en sortir en … ?

 

                       Sans pouvoir finir mon questionnement tout bougeait à nouveau autour de moi. Je me sentis basculer avec mon hôte… « Oh, non… ! » , me lamentais-je, la voix déchirée et désespérée. « Non, elle ne va pas se retourner sur le dos… ! » Je redoutais la réponse, sur laquelle je ne pouvais absolument pas influer. Le sang ne me monta pas à la tête, ce qui aurait été le cas si elle s’était remise sur le dos, par contre le tissu de la culotte qui m’avait suivi entre les fesses commença à se rapprocher pour toucher ma tête. Il fit rapidement pression sur mon crâne. N’ayant que le vide sous mes pieds, je ne pus que m’enfoncer dans ce vide. Mes hanches et mon bas ventre s’y enfoncèrent, tandis que l’odeur, à ce stade, devenait beaucoup plus nauséabonde. Encore quelques millimètres, puis tout s’arrêta. Je n’osais faire un geste. Je n’avais jamais entendu Adèle péter, les filles font cela discrètement, quand cela arrive. Mais là, dans le sommeil, endormie comme une masse, le trou du cul sollicité de façon inhabituelle… tout pouvait arriver, et un élargissement soudain de cet orifice pouvait signifier ma fin.  En tâtant mon environnement direct, je me rendis compte que j’arrivais à saisir ce qui semblait être une couture extérieure de sa culotte. Je tentais aussitôt de tirer. Non-seulement ça résistait, mais aussi cela me tirait de l’anus d’Adèle. Je me tractais de plus belle, rassemblant toutes mes forces. Bientôt,  je me sortais tout entier de son cul, mais également de sa culotte. Je tombais sur le matelas d’une petite hauteur. Dans la pénombre, je compris ce qui s’était passé. Adèle ne s’était pas retournée, mais s’était recroquevillée sur le côté, les genoux contre le menton, ce qui explique le comportement de sa culotte, et son influence sur le mien… Je ne m’attardais pas à considérer la situation et je courus  vers le haut du lit, vers l’air libre… sorti de la couette sans encombre, j’aperçus les épaules et les cheveux d’Adèle. Dans un gémissement elle se mit à bouger. Je n’eus que le temps de me jeter sur le côté. Son bras gauche venait de s’abattre à côté de moi. Elle s’était remise sur le dos. Je ne pouvais m’empêcher de me demander ce qui me serait arrivé si j’étais resté là-bas à attendre qu’elle se réveille… J’avais survécu, pour cette fois, mais j’allais devoir en tirer les conséquences. Arrivé je ne sais comment dans le salon, je titubais à l’air libre, grimpais sur « mon » coussin, et, puant comme un mort, je m’affalais pour finir ma nuit sans rêve.

09.05.2009

20- Jeux

 

                       Dans un énorme bruit de succion, je me retrouve à la lumière. Je réalise que je suis dans sa main. Tout tourne autour de moi et j’ai la nausée, pourtant je me sens comme engourdi. Je crois que j’avais presque accepté le destin funeste que je croyais qu’Adèle allait me faire subir. Elle ne m’a pas dévoré, et elle est là, au dessus de moi, et en dessous aussi, elle rit, d’un rire inextinguible, en me fixant de ses yeux mi-excités mi-avinés… Sa salive recouvre encore mon corps et je commence à avoir froid, sans mon pantalon. D’une voix toujours plus pâteuse, elle finit par dire :

« - je t’ai sauvé la vie, espèce d’ivrogne ! Quelle idée de plonger dans ce verre de bière ? » Rit-elle encore.

« - T’es complètement tarée, c’est toi qui m’y as plongé, et après t’essaye de m’avaler, salope ! » m’emportais-je sans bien penser aux conséquences.

« - Ohohohooo !  Doucement, minus ! T’as qu’à pas faire la taille d’un bretzel si tu veux pas finir comme un bretzel… ahhahaha… ! »

Et elle riait encore à gorge déployée, au dessus de moi, soufflant toujours son haleine sur tout mon corps, vacillante, un œil à moitié fermé.

« - T’es qu’une salope, comment tu peux me faire ça ? » Je devenais monomaniaque. Saoul moi aussi, je ne contrôlais même plus mon esprit. Elle souriait toujours en me regardant intensément, l’air triomphant. Elle savait exactement qu’elle me dominait sans que je ne puisse rien y faire.

« - Et puis il me semble que t’as pas détesté, hein ? » dit-elle en sortant sa langue et en la pointant vers mon sexe encore dressé. Que dire ? J’étais aussi trahit par mon corps. Avec le recul, c’est vrai que si l’on enlève la peur, la sensation d’être dans sa bouche était plutôt excitante. Etrangement excitante…

« - Aaaah, je vois » continue-t-elle : « t’as pas eu le temps d’en profiter ! Attends, on va réessayer, c’est drôle … »

« - Nooon !»

 

                       Je n’avais pas fini de le dire que j’étais à nouveau dans sa bouche, mais pas tout entier, cette fois. Mes bras, mes épaules et ma tête dépassaient de ses lèvres, qui étaient mon seul horizon, avec ses narines qui me surplombaient, qui semblaient me regarder, et dont je pouvais détailler l’intérieur peu engageant… Cependant, à l’intérieur, le reste de mon corps commençait à être malaxé sans que je puisse contrôler quoique ce soit. Sa langue fouraillait les moindres recoins de mon corps, alors que de temps en temps, selon les différentes actions de ses muscles labiaux, je m’enfonçais entre ses lèvres, ou tout entier dans sa bouche. Puis elle commença à sucer tout mon corps comme le tuyau trop étroit d’un énorme aspirateur dans lequel le bas de mon corps aurait été happé. J’ai cru, une ou deux fois, mon heure venue, quand, disparaissant d’un coup dans sa bouche, ma tête heurta ses incisives. Je me disais que ma tête allait sauter, ou qu’elle allait me briser le cou, ou encore qu’à un moment, elle m’aspirerait tellement fort qu’elle m’avalerait involontairement par pur reflex. Au lieu de ça elle arriva à contrôler ce qu’elle voulait faire, en m’assurant avec ses doigts. Elle me tenait entre ses doigts et ses lèvres comme un fruit dont on essaie d’extraire le jus. C’était précisément ce qu’elle avait entrepris de faire. Très adroitement, elle vrillait sa langue et enrobait mon sexe (qui ne demandait que cela) jusqu’à ce que je cesse de me débattre et de résister. S’il faut mourir, après tout…Elle semblait prendre plaisir, car elle gémissait et grognait fréquemment, alors que je sentais que sa respiration s’était accélérée. Je crus même voir, quand ma tête émergeait et quand elle était tournée vers le bas, que son autre main lui caressait le corps. Toute cette effusion de sensualité, mêlée à un risque réel mais fascinant finit par m’exciter au dernier degré, si bien qu’elle finit par me faire jouir dans le rouleau de sa langue, dont elle avait réussi contre toute attente à me ceindre le sexe… Me sentant ramollir et  peut-être, sentant la goutte insignifiante de mon désir lui couler au creux de la langue, elle me libera de ses doigts en basculant la tête pour avaler la preuve de son forfait. Evidemment, je me dis que je pouvais faire partie des preuves, et que peut-être, j’allais suivre le triste sort de mon sperme. C’est sans doute ce qu’elle a voulu me faire croire en me suçant encore tout entier dans sa bouche que je commençais à connaître par cœur. Au gré de la lumière qui rentrait, j’aurais pu dire le moindre défaut de ses dents, y compris ses dents de sagesse… Elle s’amusa encore quelques temps à me faire peur, puis me laissa, la bouche ouverte, séjourner en elle. Dès que je voulais bouger, elle serrait, jusqu’à ce que je ne bouge plus du tout, comprenant qu’elle voulait une soumission totale. Elle restait ainsi, la bouche mi-ouverte, m’ayant dompté. Son rire secouait régulièrement le fond de sa gorge et je voyais de l’intérieur la forme de ses lèvres s’étirer simultanément de chaque côté et vers le haut pour former ce beau sourire que je devinais si ironique. Elle profitait pleinement de la situation, mais je n’avais encore rien vu. Cela faisait un moment qu’elle bougeait et que je voyais le paysage évoluer au-delà de ses dents et de ses lèvres. Dans un dernier rire, elle me sortit sans ménagements avec ses doigts, trempés eux-aussi de salive… Me tenant au dessous des épaules, elle me regarda d’un air toujours plus triomphant, but une gorgée de bière, me fixait encore sans me parler, me laissant pendre pitoyablement entre ses doigts… Elle finit par parler :

 

« - Alors ? C’était bon, hein ? » Demanda-t-elle sans même envisager que je puisse répondre par la négative. Je ne savais quoi répondre : dire oui aurait été l’encourager à renouveler une expérience périlleuse pour moi ; dire non aurait été risqué, étant donné sa susceptibilité naturelle et son état d’ébriété. Ne pas répondre était également peu amical… Je fis donc :

« - Eeeuhmmmm ! » de l’air de quelqu’un qui reprend son souffle. Mais ma réponse ne l’intéressait finalement qu’assez peu. Seule son idée comptait.

« - Moi c’était bien, comme expérience, mais ça m’a juste excitée… Il va falloir que tu me rendes la pareille… »

Je me rendis compte que nous étions dans sa chambre et qu’elle s’était couchée sur son lit, en tenue de nuit. Je ne voyais pas le bas de son corps qui était sous la couette… Sans attendre le moindre signe de consentement de ma part, et en me regardant de l’air le plus lascif que j’ai jamais vu, je me sentis emporté vers son bas-ventre, alors que la couette se soulevait légèrement.  

28.02.2009

17- Intrusion

 

 

 

                       Je me réveille en sursaut. Je viens de rêver qu’Adèle rentre, se met au lit sur moi et que le cauchemar recommence. Je suis réveillé par la vraisemblance du rêve : je suis dans sa chambre et elle va rentrer, fatigueé, voire bourrée, je suis sûr d’y rester. Bonne intuition, mêlée à la conscience du bruit environnant : Adèle vient d’entrer dans sa chambre. Il fait jour. Elle me voit. Elle n’a pas l’air bourrée, juste un peu fatiguée, et encore. Elle me dit doucement :

« - Qu’est-ce qui s’est passé ? Vaness’ est dans tous ses états… »

« - Elle a failli me tuer, j’ai passé la nuit coincé sous elle. Putain, et toi, t’étais où ? » partis-je un peu vite.

« - eh ! ho ! ça va hein, elle vient de me dire  qu’elle t’avait trouvé dans son bas de pyjama… » M’accuse-t-elle en jetant sa veste sur sa chaise de bureau.

« - Dans sa culotte, plus exactement ! » Hurlais-je d’un coup

« - J’ai été OBLIGE d’aller lui tirer les poils sinon elle ronflerait encore  sur mon cadavre, cette grosse… cette… » Je ne trouvais plus mes mots.

« - Et elle me traite de porc ! » je commençais à me calmer un peu :

« - on s’est endormis devant la télé…»  lui dis-je en la montrant, «… dans la nuit elle s’est retourné et je me suis retrouvé sous elle. J’ai failli y rester, je te jure ! je savais pas si je pourrais survivre longtemps, et j’avais pas l’esprit tourné sur ce qu’elle croit, cette pauvre CONNE ! »

Je surjouais un peu mais je pensais ce que je disais. Adèle, mi-amusée, mi-gênée, avait envie de rire. Je riais, ce qui la fit rire immédiatement. La porte d’entrée claqua, c’était Vanessa qui était partie, probablement.

 

                        Je secouais la tête, Adèle me dit :

« - je lui expliquerai, ne t’inquiète pas. »

« - je lui expliquerai bien moi-même, quand même ! » répondis-je

« -je pense pas qu’elle ait envie de te parler ou même de t’approcher. Elle est vraiment choquée, tu la connais, elle a des réactions excessives. » expliqua-t-elle.

« - A ce point ? Mais merde, c’est à croire qu’elle est allée porter plainte pour viol ! il va falloir qu’ils me trouvent des menottes à ma taille… »

Adèle était pliée en quatre, prise d’un fou rire.

« -j’imagine la scène ! » dit-elle entre deux crises. Elle s’était assise par terre, et finissait de rire.

«-aaah ! ce que tu peux être con, quand tu t’y mets ! » Je riais aussi sans retenue, content qu’Adèle m’ait compris. Et je posais la question de trop. Innocemment.

« - Toi, à sa place, franchement, tu l’aurais pris comme ça ? » … Un silence gêné, je m’aperçus un peu tard à quel point la question pouvait être gênante, pour nous deux, d’ailleurs. Mais c’était trop tard, même si Adèle se rendait compte de ma gêne, elle allait me répondre, rien que pour m’enfoncer un peu, genre Adèle.

 

                       « On peut pas savoir ce qu’on ferait à la place de quelqu’un d’autre dans une situation qu’on n’a pas vécu… » Commença t-elle très sagement tandis qu’un léger sourire se dessinait lentement sur ses lèvres. « Mais les hommes qui parviennent à rentrer dans ma culotte n’en ressortent pas facilement, tu sais bien… »

je me sentais très mal à aise et j’avais l’impression de rougir comme jamais. Je ne pus répondre. Elle me regardait toujours, l’air amusé et presque triomphante. Elle me donnait l’impression de savourer sa supériorité tout en étant consciente que je ne pouvais pas ne pas avoir conscience, moi, de mon infériorité manifeste. Nous nous regardions l’un l’autre fixement, en pensant de façon évidente à la même chose, mais pas du même point de vue : l’un (moi) se voyait dans la culotte de l’autre, et l’autre (elle)  voyait l’un dans sa culotte. Ce n’était pas une relation d’égal à égal. Ce ne l’était plus, entre elle et moi. Et j’ai senti dans son regard, dans son attitude, que cela ne lui déplaisait pas. En posant cette question idiote, je lui ai clairement suggéré une situation qui n’est pas à mon avantage et que je n’aurais aucun moyen d’éviter si elle décidait de l’initier.  Je n’étais pas certain, d’ailleurs, qu’elle n’y ait jamais pensé auparavant.

 

                       Après cet échange intense de regards lourds, je sortis de ma torpeur en sentant sa main autour de mon corps. Elle venait de me saisir et elle me soulevait maintenant vers elle. Elle m’approchait de son visage, les yeux toujours fixés sur moi. J’avais la bouche sèche, je me sentais comme paralysé par l’effroi et la fascination. Je réussis finalement à dire, à crier :

« - Adèle !… » 

Elle souriait en se mordillant la lèvre inférieure quand soudain, la sonnette de la porte retentit. Elle eut comme un réflexe de m’éloigner d’elle, comme si  ce qui se préparait ne devait pas être connu d’autres que nous. Levée au deuxième coup de sonnette, elle me reposa sur son lit et dit sur un ton de regret :

« - Vanessa a du oublier ses clés, je vais lui ouvrir » .Elle me jeta un dernier regard qui voulait bien signifier que je ne perdais rien pour attendre. J’étais effaré, mais uniquement parce que je ne savais pas que cela ne ferait qu’empirer.

 

J’entendis la porte d’entrée s’ouvrir  et Adèle dire :

« - allez, rentre… » puis après un silence : « ah… c’est toi ? »

Une voix familière de s’exclamer, proche des larmes :

« - quinze messages ! je lui ai laissé quinze message et il ne me rappelle plus ! je me doute bien de ce que ça veut dire mais je le croyais plus courageux que ça, ce salaud ! »

 

Il ne manquait plus qu’elle.

 

 

 

 

 

 

 

 

21.02.2009

16- Vie quotidienne (2)

 

 

 

Chaque jour, nous nous habituions à la présence singulière des autres. C’était un pari que je considérais comme gagné par rapport aux hésitations que j’avais eues pour manifester ma présence aux filles. C’est qu’alors, je pensais que mon état était temporaire, or il semble que cet état soit amené à durer. En fait je n’en sais rien, et c’est bien cela le problème. Je me demande, après ces quelques jours, si je ne devrais pas aller consulter, malgré les risques que cela comporte. Mais je n’ose pas vraiment en parler aux filles qui font tant d’efforts pour s’adapter à moi. Je ne veux pas passer pour une girouette : en clair, je ne veux pas leur donner l’impression que mon caractère change aussi, et surtout pas en pire. Ce serait montrer plus de faiblesse encore. Enfin, Vanessa et Adèle semblent mieux apprécier ma présence, qu’elles recherchent, me semble t-il, plus authentiquement qu’au début de ma maladie. Elles venaient vers moi tout en me laissant dans mon coin, prenant bien garde de troubler ma tranquillité, mais il faut croire qu’elles se sont aperçues de ma détresse. Depuis le quatrième ou le cinquième jour, elles me font suivre leurs mouvements et me changent de pièce quand elles en changent elles-mêmes, si bien que si au début, elles me demandaient toujours si je voulais venir avec elles, elles me demandent maintenant si je veux rester où je suis.

 

                       A force de répondre presque toujours que je veux être avec elles, elles ont fini par ne presque plus me poser la question. Elles me font suivre, comme elles le font de leur portable ou de leur paquet de cigarettes. C’est un peu humiliant,  mais finalement, il y très peu de choses qui dans ma position, ne le sont pas. Pour rester juste, et surtout sain d’esprit, je me suis appliqué à changer ma vision des choses : la plupart de ces choses là ne sont  humiliantes que pour une personne de taille normale . Pour moi, cela n’a pas le même sens. Du reste,  je ne peux pas vouloir en même temps que mes colocataires ne soient pas gênées et continuent de vivre leur vie sans rien changer de fondamental, et exiger qu’elles prennent mille précautions pour ménager ma susceptibilité. Cette dernière option, je m’en rends compte, n’aboutirait qu’à les fatiguer de ma présence, en épuisant leur patience à mon égard. Ces humiliations, qui n’en sont, je le répète, qu’à l’égard de mon ancienne condition ; sont des données nouvelles que je dois accepter comme un changement climatique, ou comme n’importe quelle donnée environnementale. J’accepte de bonne grâce, sachant que tout ce qu’elles font, elles le font pour mon bien, en accord avec ce qu’elles peuvent avoir compris de mon bien, tout en ne leur occasionnant qu’un minimum de contraintes.

 

                       Cela étant, je ne fais plus que ce que je veux. Si tant est que cela n’ait jamais été le cas. (c’est fou comme je deviens philosophe, ces jours-ci…)

                       La nuit dernière, par exemple, j’étais dans la chambre de Vanessa. Adèle était sortie. Nous avons regardé un film dans sa chambre, où elle dispose d’un téléviseur personnel en face de son lit. On a bien pensé qu’on risquait de s’endormir, mais on savait qu’Adèle allait rentrer et nous expulser de son territoire. Or elle n’est pas rentrée, si bien que vers minuit, Vanessa dormait déjà, vaguement enroulée dans la couette de sa coloc’. J’étais devant elle, au niveau de sa main, et surtout, à côté de la télécommande, afin de changer les chaînes avec mon pied, au fur et à mesure des nanars qu’on nous passait. Ne pouvant pas rentrer dans ma chambre par mes propres moyens, je finis par sombrer moi-même dans le sommeil, non sans m’être assuré que je ne pouvais pas réveiller Vanessa sans grimper jusqu’à son oreille. Je n’en avais pas l’envie ni le courage, alors je décidais de rester  contre son bras nu pour passer la nuit. De là, je pourrais toujours sentir ses mouvements, comme lui faire connaître ma présence. Elle était allongée de trois quarts, une partie du corps recouverte par le coin de la couette. Une partie, seulement, ce qui fait que pendant la nuit, elle dut avoir froid.

 

                       C’est son bras, qu’elle retirait soudain, qui me réveilla. Il glissait le long du drap, m’entraînant en peu avec lui vers elle. Dans le même temps, voulant s’enrouler encore davantage dans la couette elle roula vers moi. Je n’eus que le temps de voir la masse de son ventre s’abattre sur moi et c’en était fait. J’étais sous elle, et elle allait passer les heures qui restaient jusqu’à ce qu’Adèle rentre ainsi. Mais je ne verrais pas ce jour, la pression était forte, certes, mais supportable ; par contre l’air commençait déjà à me manquer. Très bêtement, je criais. En chassant tout l’air de mes poumons, je m’aperçus qu’il n’y en avait plus d’autre et que s’il y en avait, le poids qui me surplombait m’empêchait de l’inspirer. En quelques secondes, j’allais mourir. Je me débats le plus énergiquement, ce qui me conduit au mieux à pouvoir plier un genou à … disons 16 degrés d’angle. Je peux tourner la tête et inspirer un peu d’air. Je ne sais  pas d’où il peut venir, il n’y a pas de place pour lui ni pour moi. Quoiqu’il en soit je n’étouffe pas encore, mais je vois des étoiles et je sens que je m’affaiblis. Il faut que je m’en sorte. Bouger. Ramper. Me repérer, sortir, ou, à la rigueur trouver  une poche d’air. Seul le désespoir me pousse. Je savais que ça finirait comme ça, mais je pense à Vanessa : je me dis qu’elle va me trouver séché sous elle dans quelques heures et qu’elle va s’en vouloir toute sa vie, ça va être une catastrophe pour elle et dans un éclair, je pense préférer mon agonie. Pourtant, c’est cette pensée, je crois, qui me permet de ramper et de me faire, grâce au mouvement, un peu d’air « frais ». Poc ! Un objet dur. Oui ! La télécommande. Il faut que je m’extirpe. J’arrive à passer un bras. Pas plus. C’est trop bête. En fait elle me barre le passage. Il faut que je la longe, et le bord de son corps ne peut pas être loin. J’arrive à ramper, vers l’arrière uniquement, le dos contre le lit, j’essaie toujours de piquer ou de taper Vanessa, mais il y a son tee-shirt, et je n’ai aucun recul pour porter un coup assez fort. Je ne mords que le tissus. Entre mes halètements, je n’entends que les bruits de son ventre qui digère tranquillement. Le moindre de ces gargouillements est plus fort que le plus puissant de mes cris. Je parviens à la fin de la télécommande, j’essaie de la contourner. Par moyen : c’est encore dur. A l’intérieur, cette fois. Ça ne peut être qu’un os : je ne sortirais pas par là. Ni par un autre endroit, d’ailleurs, je n’ai plus de force.

 

                       J’ai l’impression de mieux respirer. Mon cerveau est peut être mieux ventilé parce que j’arrive à réfléchir. Je crois me repérer : si je ne me trompe, c’est l’os de sa hanche. Il n’y en a pas d’autre possible dans ce coin. Je ne pourrais pas passer en dessous. Je ne peux pas retourner parce que premièrement : je n’arrive pas à me retourner, deuxièmement, je ne peux pas être sur que je me sois retourné complètement et que, partant, je rampe dans la bonne direction. Troisièmement, rien ne me dit que je ne vais pas butter contre les os des côtes. Mais si je continue et que je longe l’os de sa hanche, je vais fatalement me retrouver au niveau de son aine. Son entrejambe. Hum. Je ne peux pas me permettre d’avoir des pudeurs pour l’un ou pour l’autre. C’est ma seule issue. Si j’y crève, du moins ça enlèvera quelques scrupules à Vanessa, qui croira jusqu’à un certain point que j’ai peut-être péri à cause de ma curiosité malsaine.

 

                       De toute façon, je n’avance plus. Quelque chose bloque. J’identifie : un élastique. Le tissu de la couette et celui de son pyjama font corps. J’arrive à le soulever de quelque millimètres, mais pas à m’y glisser. Par contre entre sa peau et le pyjama, ça passe. En effet la hanche fait un creux à côté de l’os, et je peux m’y introduire. Je sens même moins la pression et je respire mieux. Je rampe. Deuxième élastique. Eh oui… la culotte. Même topo ? Non , je pense pouvoir rester à l’extérieur. D’ailleurs ce sera un obstacle de moins pour sortir, tout à l’heure. Parce que maintenant j’y crois à nouveau. Je vais sortir, je vais vivre ! Attention à ne pas perdre mon sang-froid ; je réfléchis mieux : je suis toujours sous elle. Je devrais pouvoir passer entre deux os proéminents : la hanche et le pubis, puis remonter par l’aine jusqu’à la naissance de la fesse, qu’il faudra escalader, à moins que je puisse sortir par la manche de son pantalon. Mais tout ceci est bien hypothétique. Tout dépend de sa position, et de son immobilité. J’ai peut-être mieux à faire : si je me glisse à l’intérieur de sa culotte, je trouverais des poils. Je pourrais les tirer, et la réveiller. C’est tout aussi hypothétique, mais c’est moins loin, moins long, moins fatiguant, apparemment. Le choix est donc fait : j’entre dans la culotte de Vanessa. J’ai comme l’impression de comprendre César franchissant le Rubicon, mais juste le côté flippant, pas le côté historique. C’est fait.

 

                       Les premiers poils apparaissent. Ils me permettent de mieux progresser, en les saisissant. Je tire sur les poils de toutes mes forces, ce qui ne les fait pas céder, mais me tire plus profondément dans ses poils pubiens. La haleur est intense, et l’odeur ambiante semble changer. Je réalise que je suis très proche du sexe de Vanessa et cela me trouble, je dois l’avouer. Je me souviens de sa visite dans mon lit, ce fameux matin où je me suis réveillé minuscule. Que va-t-il se passer cette fois-ci ? Elle dort profondément, et l’homme dont elle aime sentir les sous-vêtements en se masturbant vient de rentrer tout entier dans sa petite culotte, et se dirige vers son sexe…  Ca bouge… Ca y est !

« - Réveilles-toi, putain de merde ! » je hurle en tirant sur le plus de poils possible. Tout bouge autour de moi. De l’air. Je respire un grand coup, du bruit, j’ai la tête en bas. Je sens sa main sur moi elle me saisit… elle tire.

 

                       En une fraction de seconde je vois ma tombe s’éloigner sa culotte, son pyjama retourner à ses solitudes, et toujours tête en bas , suspendu par les jambes je vois Vanessa, son visage rouge mes oreilles me torturent, elle crie à 10 centimètres de moi :

« - Martin ! Merde ! J’y crois pas que t’étais en train de faire ça ! Même à cette taille, t’es qu’un porc !»

Et elle me pose brutalement sur le lit (elle s’est retenue de ne pas m’y jeter, je pourrais en jurer). Un dernier regard. Elle veut ajouter quelque chose, secoue la tête et puis s’en va. Ça lui passera. C’est con mais je ris comme un fou. Je suis VIVANT… ouf ! Quel soulagement. J’expliquerais à Vanessa. Elle comprendra. Je n’en peux plus. Je m’effondre.

 

16.02.2009

15- Vie quotidienne

 

 

                       Je me rendis assez vite compte que les précautions avec lesquelles j’avais demandé de l’aide à mes deux géantes préférées n’étaient pas superflues. Chaque jour réservait son lot de surprise. Je ne pouvais pas faire grand chose tout seul et je ne pouvais que devenir une charge pour mes amies. Aussi, je décidais rapidement de privilégier les activités qui occupent sans requérir des capacités physiques autres que respirer ou cligner des yeux. C’était à peu près tout ce que je pouvais faire sans l’aide de quelqu’un. Les premiers jours, les filles étaient toujours à me demander de quoi j’avais besoin, et –c’est affreux mais charmant- elle veillaient à ce que j’aie toujours de l’eau et de la nourriture. Comme si j’étais un chat. Impression ou réalité, je pensais qu’elles se forçaient à rester avec moi, mais en fait, je crois qu’elles étaient assez fascinées par ma taille. Elles n’y croyaient toujours pas.

 

                       Durant cette première semaine, nous avons pris nos marques, et découvert la vie, vue d’un petit, vue d’en bas. Je vivais désormais avec deux gentilles géantes vraiment pataudes et dures de la feuille. Je me sentais vif et intelligent, mais la nuit, je rêvais, ou plutôt, je cauchemardais tour à tour que je disparaissais dans le siphon du lavabo, que j’étais attaqué par toute sortes d’animaux réels ou imaginaires qui n‘avaient rien à faire dans l’appartement, que divers objets, ou même Vanessa ou Adèle m’écrasaient involontairement de différentes façons. Bref, j’angoissais. Alors que j’avais toujours été un solitaire,  je détestais maintenant être seul. J’évitais d’en parler trop, surtout à Adèle qui (je ne peux lui en vouloir), n’avait pas changé son mode de relations avec moi et m’assaillait de moqueries, de piques et de sarcasmes contre lesquels je me défendais de plus en plus difficilement. Elle me blessait souvent sans le vouloir, et je ne voulais pas lui montrer. Elle était du genre à profiter de vos faiblesses  pour vous montrer combien elle vous était supérieure. Avant, cela m’amusait, mais aujourd’hui…

 

                       Avec Vanessa, on ne peut pas dire, elle prenait soin de moi. Peut-être un peu trop, si bien qu’elle anticipait le moindre de mes désirs ou besoins. Toujours compréhensive et même (pourrait-on me croire ?) discrète.  L’ennui, c’est que j’avais l’impression de ne plus être adulte. Elle ne me demandait pas mon avis pour : m’amener me laver, manger, dormir, et différentes choses encore. Je suivais son rythme. Il n’y avait pas à discuter, non seulement parce que je ne voulais pas avoir encore l’air de m’énerver alors qu’on m’aide, mais aussi parce que je ne voulais pas occasionner plus de contraintes aux filles. Elle restait aussi beaucoup avec moi, s’allongeait sur le lit et posait sa tête à côté de moi, me suivant des yeux alors que je faisais les cent pas devant elle. J’avais beaucoup de mal à rester calme et je crois que parfois, je les agaçais. Alors, Vanessa, surtout, me prenait dans ses mains pour former une sorte de hamac où sans s’en rendre compte, elle me berçait comme un nouveau né. Adèle ne faisait rien de semblable et, au début évitait encore autant qu’elle le put de me toucher.

 

                        Quoiqu’il en soit, elles avaient intégré ma présence d’un nouveau type, et faisaient tout pour me rendre la vie, de leur point de vue, pas trop désagréable. Etrangement, il me semblait qu’elles s’observaient l’une l’autre en ma présence, comme si elles avaient des inquiétudes sur le comportement de l’autre vis à vis de moi. Le deuxième jour après le début de ma nouvelle vie, je les vis se disputer discrètement (croyaient-elles), Adèle reprochant à Vanessa d’être trop sur mon dos, alors que cette dernière reprochait à Adèle de me brusquer. J’aurais pu les mettre d’accord puisqu’elles avaient raison toutes les deux. Mais les petits ne se mêlent pas des affaires des adultes…

 

                       Je n’avais pas envie d’intervenir alors que je me livrais à  ce qui devenait mon activité favorite, la lecture. Sur ma sélection, les filles m’ouvraient un ou deux livres à plat, quitte à casser la tranche pour qu’ils ne se referment pas. Je pouvais désormais passer des journées entières à lire et à discuter avec Vanessa qui restait le plus qu’elle pouvait avec moi. Adèle, après avoir pris deux jours de congés, avait repris le travail. Et bien qu’occupé à rattraper mon retard culturel et intellectuel en lisant un à deux livres par jour, j’angoissais de devoir rester seul dans l’appartement.

 

                        Autres moments difficiles : les repas. Je les prenais nécessairement avec l’une des deux, voire avec les deux, ce qui était plutôt agréable en théorie. Sauf que le spectacle du repas de Grandgousier et de Gargamelle (j’avais lu  du Rabelais dans la journée) n’était ni ragoûtant, ni gastronomique. Aucun plat n’était réellement adapté à ma bouche, et si je mangeais la même chose qu’elles, je mangeais selon leurs goûts, mais aussi selon leur taille : une rondelle de carotte équivalait à une pizza, et n’en avait pas la saveur… tout en assistant à la disparition de tonnes et de tonnes de nourriture sous des hectolitres d’eau ou de liqueurs diverses, ce qui me soulevait l’estomac. J’étais sur la table, et non pas à table, comme si moi-même, j’avais été un mets de leur repas. L’impression était pire quand je prenais mon repas seul à seule avec l’une ou l’autre. Face à face, je ne pouvais détourner le regard. Et j’étais entouré des objets et nourritures du service de ma convive. Comme si, encore une fois, je faisais moi-même partie du repas. La perspective renforçait encore cette impression : les mains des filles passaient et repassaient près de moi pour saisir toutes sortes de choses : pain, verre, plats, sel, dont la destination unique était leur bouche, en vue d’être mâché longuement ou englouti d’un trait. Je ne pouvais m’empêcher de regarder le trajet des aliments ou des liquides que j’entendais si bien descendre dans leur gorge. Ce spectacle, pour fascinant qu’il était, demeurait gênant pour moi, quand j’avais bien conscience que chacune de leur bouchées, représentait la taille d’un  de mes plus copieux repas  et de moi-même. C’est un sentiment indescriptible.

 

                       

08.02.2009

14- Clandestin ?

 

 

 

« - Mais qu’est-ce qu’on dit aux gens qui te cherchent ou qui viennent te voir ? » demanda Adèle ?

« - que je suis parti en vacances. » Suggérais-je.  « C’est plutôt de saison…Et de toutes façons, peu de gens vont me chercher puisque la plupart de mes amis sont eux-mêmes rentrés dans leur famille ou partis en vacances ou allés faire des saisons. Ils m’appelleront sur mon portable, auquel je ne répondrais pas, ils penseront que je les snobe parce que je ne rappellerais pas et ça leur ira comme ça.»

« - et Karen ? » dit enfin Vanessa.

 

Voilà bien le problème. Karen, ma petite amie du moment, ne se contenterait pas d’une absence au téléphone. Elle chercherait à me trouver, ou tout au moins à en savoir plus. C’était sûr. Cela ne faisait pas plus de quatre mois que nous sortions ensemble, même si nous nous connaissions depuis plus longtemps. Je l’aimais bien mais sans plus. Je n’étais pas amoureux d’elle et je restais avec elle pour d’obscures raisons sexuelles, ainsi que, moins avouable encore, pour des raisons de représentation. En effet Karen était une fille « fashion », tendance, plutôt mignonne et plutôt bien roulée. S’afficher avec elle provoquait la plupart du temps l’envie et la jalousie des autres mecs. Cela flattait mon égo de mâle, et mon corps aussi trouvait sa satisfaction dans l’usage du sien. Elle aimait apparemment le sexe, car l’intensité de nos relations sexuelles n’avait pas encore faibli, même si nous ne nous étions pas installés dans la routine de couple si souvent fatale à cette activité.

 

                       Or, il était question que nous partions ensemble en vacances, vacances durant lesquelles il était convenu que nous fassions une étape par la villégiature de son père, à qui j’en déduis qu’elle avait prévu de me présenter. Tout cela sentait le sapin. Quelques allusions et questions sur l’oreiller me faisaient dire que Karen aimerait bien que je lui propose d’emménager ensemble dès la prochaine rentrée universitaire. Mais c’était trop tôt pour moi. Bien trop tôt. A vrai dire, je ne me voyais pas vivre avec elle. Nous n’étions pas assez complices et je pensais que nous ne serions jamais sur la même longueur d’ondes tous les deux. Je m’apprêtais donc à tergiverser  quelque temps encore avant que l’inévitable rupture n’advienne.

 

                       Je l’ai déjà dit, je suis un salaud. Bien fait pour moi, commençais-je… Du reste, elle aussi avait ce mode de fonctionnement : « je-te-prends-tu-m’amuse-plus-je-te-laisse ». Pourtant, ses meilleures copines, (dont l’une ou deux me draguaient sans vergogne), me disaient qu’elle était accrochée, qu’elles ne l’avaient jamais vu comme cela, ce qui n’était pas pour me rassurer. Oui. Ça aussi : avec l’une de ses meilleures copines, Julia, il s’était passé un truc que je voulais approfondir. Cette Julia, qui n’avait pas froid aux yeux, et encore moins ailleurs, était venue nous « chatouiller » d’un peu près, un jour, alors que Karen et moi étions en train d’avoir, dans un coin reculé d’un fête, un petit moment d’intimité. Cela ne semblait pas avoir déplu à Karen, bien au contraire. Nous avions été interrompu avant que cela ne puisse aller plus loin, mais je m’étais bien promis de tout faire pour pousser plus loin l’expérience… 

 

                       Tout ceci n’arriverait peut être jamais, maintenant.  Dommage.

Que dirait Karen en me voyant ? À vrai dire, je n’avais pas vraiment envie de le savoir, parce que je n’avais pas envie qu’elle me voie dans cet état. Je n’avais aucune idée de sa réaction, mais je n’étais pas prêt à l’affronter, quelle qu’elle soit. Et je ne voulais plus être en couple dans ces conditions. La seule solution qui s’offrait à moi était de rester chez moi avec mes deux colocataires. L’une et l’autre veilleraient sur moi, si elles en étaient d’accord..

 

                       « - Karen, c’est fini. De toutes façons, ça ne pouvait pas durer. »

« - et tu crois qu’elle va l’accepter ? » renchérit Adèle.

« - Elle n’aura pas le choix, tu crois pas ? » lui fis-je remarquer. « Mais la question n’est pas là » concluais-je.

« - A quoi tu penses ? » demanda Vanessa, pour la forme, parce qu’elle le savait.

« - Est-ce que vous acceptez que je reste ici avec vous, avec toutes les conséquences prévisibles et imprévisibles que cela comporte ? » , leur demandais-je enfin avec tout le sérieux et tout le poids possible.

« - Ben… » commença Adèle un peu prise au dépourvu par le sous-entendu de ma question.

« - aucun problème, tu peux compter sur moi » dit Vanessa sans aucune hésitation. Sa promptitude à me répondre, ses yeux brillants m’effrayèrent, d’un coup. Je me sentis mal à l’aise. Et ça n’était que le début.

« - Euh, si je peux donner mon avis ? » renchérit Adèle, un peu agacée : «  il faut réfléchir un peu à la situation, tu vis pas toute seule ici ! » s’emporta t-elle.

« - OK, mais je dis simplement que si toi tu te veux te défiler, moi je ferais face et je m’occuperais de Martin de mon mieux… »

« - Mais c’est incroyable ! Je me défile pas : je prends un peu le temps de réfléchir à ce que ça implique ! » l’interrompit Adèle.

« - Réfléchis tant que tu veux, moi j’y ai pensé toute la nuit, alors j’ai pris ma décision.» conclut Vanessa, sûre d’elle.

« - T’aurais pu en parler, avant, qu’on décide »  grogna t-elle, vexée.

« - Mais ça ne t’oblige à rien : je dis juste que pour moi, c’est d’accord. Si tu sais pas, tu réfléchis. Arrêtes de te mettre la pression… »

Adèle bouillait littéralement. Elle  se sentait mise en demeure d’approuver.  Je profitais de l’arrêt momentanée de la cacophonie pour préciser ma question.

« - T’inquiètes pas, Adèle, il s’agit juste pour moi de rester ici avec vous. Ça ne t’oblige à rien. Mais je vous pose la question pour ne pas que cela vous gêne, ou vous empêche de faire ce que vous avez à faire, tu comprends ? »

« - Ouais, ouais, OK, dans ces conditions j’ai pas à accepter ou à refuser, t’es chez toi quand même. »

Comme toujours, elle allait se reprendre avec humour et j’attendais la boutade.

« - on va juste faire un dressing dans ta chambre, hein Vaness ? Tu prends moins de place, du coup » Dit-elle en exagérant volontairement pour qu’elle soit sûre que je ne le prenne pas au sérieux. Pendant que Vanessa renchérissait, je me forçais à rire en pensant que je n’avais aucune idée du temps que mon état durerait. Mais au moins, j’étais à peu près en sécurité.

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